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Qu'est-ce que le harcèlement scolaire ?
Le harcèlement se caractérise par des violences répétées, qu’elles soient verbales, physiques ou psychologiques. En milieu scolaire, il se manifeste lorsqu’un ou plusieurs élèves s’en prennent de manière répétée à un camarade qui se trouve dans l’incapacité de se défendre. Insultes, menaces, coups, bousculades ou envois répétés de messages injurieux constituent autant de formes de harcèlement. Ces agressions, souvent insidieuses, ont des conséquences profondes sur le développement et la scolarité des enfants et des adolescents. Selon l’enquête de victimation menée par la DEPP en 2015, près de 700 000 élèves, tous milieux sociaux confondus, en sont victimes.
Avec l’usage constant des outils numériques (téléphones portables, réseaux sociaux, messageries), ces violences peuvent se prolonger en dehors de l’établissement scolaire. On parle alors de cyberharcèlement. Celui-ci se définit comme un acte agressif et intentionnel commis par un individu ou un groupe, au moyen de supports de communication électronique, de manière répétée, à l’encontre d’une victime qui ne peut aisément se défendre seule.
Le cyberharcèlement peut prendre diverses formes : messages ou publications malveillants, diffusion d’images, propos humiliants ou menaces, via les téléphones portables, messageries instantanées, forums, jeux en ligne, courriels ou réseaux sociaux.
Les trois caractéristiques du harcèlement en milieu scolaire
- La violence : le harcèlement repose sur un rapport de force et de domination exercé par un ou plusieurs élèves à l’encontre d’une victime.
- La répétition : les faits s’inscrivent dans la durée, les agressions se répètent de manière régulière sur une période prolongée.
- L’isolement de la victime : la victime se trouve souvent isolée, fragilisée et en situation d’infériorité face à son ou ses agresseurs.
La lutte contre le harcèlement dans l'académie d'Orléans-Tours
Un cadre légal affirmé
La loi n° 2013-595 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République précise, dans son rapport annexé, que la lutte contre toutes les formes de harcèlement constitue une priorité pour chaque école et chaque établissement.
Le harcèlement est contraire aux valeurs portées par l’École de la République : respect d’autrui, acceptation des différences et apprentissage de la citoyenneté. À ce titre, la prévention et le traitement du harcèlement figurent parmi les priorités du ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse.
Le projet académique
La lutte contre le harcèlement s’inscrit pleinement dans le projet académique 2024-2028 « Ensemble, donnons de l’ambition », et plus particulièrement dans son axe 2 : « Faire société, de l’attention pour toutes et tous ».
Les actions conduites en faveur des élèves visent à :
- agir sur la qualité de vie à l’école ;
- veiller à la qualité des relations entre les membres de la communauté éducative ;
- promouvoir une éthique de l’attention, afin que chaque élève compte ;
- accompagner les personnels et les structures dans la prévention et la gestion des situations.
La politique académique de prévention et de lutte contre le harcèlement et les cyberviolences repose sur une approche systémique du climat scolaire. Celle-ci favorise le lien entre les dimensions éducatives et pédagogiques, contribue à l’amélioration des résultats scolaires et participe au bien-être des élèves comme des professionnels.
Une organisation académique structurée
Au sein de l’académie d’Orléans-Tours, un responsable académique harcèlement pilote le déploiement du programme pHARe. Il assure la formation des personnels, accompagne la labellisation des écoles et des établissements, et coordonne le suivi des situations, notamment les plus complexes, en appui des pôles départementaux.
Dans chaque département, des référents harcèlement - dont un responsable départemental - sont mobilisés. Dès réception d’un signalement, ils en assurent le traitement en lien étroit avec la famille et l’école ou l’établissement concerné, jusqu’à la résolution complète de la situation.
Le traitement des situations
Toute situation signalée fait l’objet d’une prise en charge rapide et structurée. L’école ou l’établissement mobilise son équipe ressource, spécifiquement formée à la gestion des situations de harcèlement selon le protocole pHARe. Parallèlement, la situation est transmise aux référents départementaux, qui apportent un appui aux équipes de terrain si nécessaire.
Le suivi est assuré conjointement par l’ensemble des acteurs concernés jusqu’à la résolution du cas. Un bilan est réalisé dans le mois suivant le signalement afin d’évaluer les actions menées et de s’assurer de l’amélioration durable de la situation.
Contacts
Ligne académique « Non au harcèlement » : 02 38 79 38 70
Adresse électronique académique : [email protected]
Le programme pHARe
pHARe est un programme global de prévention du harcèlement. Déployé dans l’ensemble du système éducatif, de l’école élémentaire au lycée, il doit être mis en œuvre par 100 % des écoles et des établissements.
Il poursuit trois objectifs majeurs :
- doter chaque école, collège et lycée d’un plan de prévention structuré et efficace ;
- sécuriser l’action des équipes éducatives en garantissant la traçabilité et la cohérence des interventions ;
- favoriser l’émergence d’une communauté éducative protectrice, formée et pleinement engagée dans la lutte contre le harcèlement.
Des actions concrètes tout au long de l'année
Le programme pHARe repose sur la combinaison de plusieurs dispositifs et outils destinés à prévenir les situations de harcèlement et à intervenir rapidement lorsqu’elles surviennent.
À ce titre, différentes actions sont conduites tout au long de l’année scolaire :
- former une communauté protectrice autour des élèves : au minimum cinq personnels ressources sont formés dans chaque collège et dans chaque circonscription du premier degré afin d’assurer la prise en charge des situations de harcèlement ;
- mettre en œuvre le protocole national de traitement des situations : en cas de signalement, l’équipe ressource applique le protocole pHARe pour garantir une prise en charge rapide et adaptée ;
- éduquer et prévenir : dix heures d’apprentissage par an sont consacrées à la prévention du harcèlement et au développement des compétences psychosociales des élèves ;
- sensibiliser les familles et les personnels : des ateliers d’information et d’échange sont organisés ;
- former des élèves ambassadeurs : dans les collèges et les lycées, des élèves sont formés pour devenir acteurs de la prévention.
Généralisé à la rentrée 2021, le dispositif pHARe constitue aujourd’hui un levier central de la politique nationale de lutte contre le harcèlement. Découvrez le dispositif en vidéo.
Éducation et prévention : une mobilisation collective
L’éducation et la prévention du harcèlement reposent sur un ensemble d’actions impliquant toute la communauté éducative : élèves, personnels et parents.
Parmi ces actions :
- des ateliers de sensibilisation organisés à destination des élèves, des familles et des personnels ;
- 3 temps forts nationaux, auxquels tous les établissements participent (ateliers, conférences, projets pédagogiques, expositions, etc.) :
- la Journée nationale « Non au harcèlement » ;
- le Prix « Non au harcèlement » ;
- le Safer Internet Day ;
- la formation d’élèves ambassadeurs, chargés de sensibiliser leurs pairs et de contribuer à la prévention au sein de l’établissement.
Dans l’académie d’Orléans-Tours, près de 3 000 collégiens et lycéens ambassadeurs sont formés au repérage des situations de harcèlement. Ils sont en capacité d’agir comme lanceurs d’alerte et contribuent à rompre l’isolement des élèves victimes.
Le traitement des situations
La prise en charge des situations de harcèlement s’appuie sur trois protocoles nationaux :
- un protocole pour le premier degré ;
- un protocole pour le second degré ;
- un protocole spécifique pour la lutte contre le cyberharcèlement.
Ces protocoles garantissent une intervention rapide, structurée et adaptée à chaque situation.
Un signalement peut être effectué par une victime ou un témoin : élève, membre du personnel, parent ou tout autre membre de la communauté éducative.
Victime ou témoin : qui contacter ?
Quelle que soit la forme de violence, il est essentiel d’en parler pour trouver du soutien et des solutions. À l’école, prenez rendez-vous avec la direction de l’école, du collège ou du lycée afin d’exposer précisément la situation. Il est important de décrire les faits constatés et de demander quelles mesures seront mises en œuvre pour protéger votre enfant et résoudre la situation.
Si les faits sont avérés, l’établissement engagera, en lien avec la famille, les actions nécessaires pour faire cesser les violences. Si vous hésitez à contacter l’établissement ou si la situation vous semble insuffisamment prise en charge, vous pouvez joindre le responsable académique ou les référents départementaux à l’adresse suivante : [email protected] (XX correspondant au numéro de votre département).
Votre enfant peut craindre de parler : rassurez-le, encouragez-le à exprimer ce qu’il vit et rappelez-lui que des adultes sont présents pour l’aider.
Au collège et au lycée, il peut également se tourner vers un élève ambassadeur. Dans chaque établissement, un adulte de confiance est disponible pour accompagner les élèves et leurs familles.
Le 3018 : un soutien national
Le 3018 est la plateforme nationale d’écoute et de signalement, opérée par l’association e-Enfance, partenaire du ministère de l’Éducation nationale.
Accessible gratuitement et de manière confidentielle, le 3018 accompagne les jeunes victimes de harcèlement et de cyberharcèlement.
Disponible par téléphone, tchat (via 3018.fr), Messenger, WhatsApp et via l’application mobile, le service est ouvert 7 jours sur 7, de 9h à 23h.
Le 3018 est également signaleur de confiance auprès des réseaux sociaux, avec une capacité d’intervention rapide permettant la suppression de contenus préjudiciables en quelques heures.
L’application 3018 propose :
- un contact instantané par tchat ou par appel ;
- un coffre-fort numérique sécurisé pour conserver les preuves (captures d’écran, liens, photos, etc.) ;
- des fiches pratiques pour connaître ses droits et savoir comment réagir ;
- un questionnaire d’auto-évaluation pour encourager la demande d’aide.
L’application est 100% anonyme, gratuite et confidentielle.
Depuis avril 2022, les écoutants du 3018 peuvent également transmettre des signalements à l’Éducation nationale via une application sécurisée.
Que faire face au cyberharcèlement ?
- Signalez les contenus (messages, commentaires, images) auprès des réseaux sociaux concernés.
- En cas de difficulté, contactez le 3018 ou utilisez la plateforme officielle de signalement des contenus illicites (PHAROS).
- Informez l’établissement scolaire : le cyberharcèlement est souvent lié à des situations entre élèves.
- Encouragez votre enfant à parler et à exprimer ses besoins.
- Vous avez la possibilité de déposer plainte.
Consulter le dépliant à destination de parents « le harcèlement, pour en parler, il faut en sortir ».
Agir contre le harcèlement : dispositifs et actions
Les élèves ambassadeurs « Non au harcèlement »
La lutte contre le harcèlement repose aussi sur l’engagement des élèves. Dans tous les collèges et lycées publics, des volontaires sont formés pour repérer et signaler les situations de harcèlement.
Ces élèves ambassadeurs, collégiens et lycéens, reçoivent une formation pour prévenir le harcèlement et détecter les comportements inquiétants.
Acteurs engagés au sein de leur établissement, ils :
- sensibilisent leurs camarades,
- repèrent les situations préoccupantes,
- contribuent à créer un climat scolaire bienveillant.
Ils organisent également des actions de sensibilisation dans leur établissement ou dans les écoles du secteur, notamment à l’occasion de la Journée nationale « Non au harcèlement ».
La journée nationale de lutte contre le harcèlement
Instaurée en 2015, la Journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire se tient chaque année le premier jeudi suivant les vacances de la Toussaint. Elle constitue un temps fort de mobilisation pour les communautés éducatives et leurs partenaires. À cette occasion, de nombreuses actions sont organisées dans les écoles, collèges et lycées : conférences, ateliers de sensibilisation, expositions, jeux de rôles, actions de coopération, présentations d’ouvrages dans les CDI, etc.
Cette journée s’appuie notamment sur la diffusion du clip national de sensibilisation, réalisé avec les élèves lauréats du jury des professionnels de la communication du Prix « Non au harcèlement ». Le clip est diffusé dans un format court dans les médias et mis à disposition des établissements dans un format long, accompagné d’un livret pédagogique.
Deux heures du temps scolaire sont banalisées, selon des modalités définies par chaque établissement, afin de renforcer la prévention et la détection des situations de harcèlement, conditions essentielles à la protection des élèves victimes.
Découvrez toutes les campagnes nationales de sensibilisation.
Un questionnaire d’auto-évaluation
Tous les élèves du CE2 au CM2, ainsi que les collégiens et lycéens, sont invités à compléter un questionnaire d’auto-évaluation sur le harcèlement à l’école.
Ce dispositif vise à :
- mieux détecter les situations de harcèlement ;
- prévenir l’installation de situations durables entre élèves ;
- encourager l’engagement de tous dans la lutte contre le harcèlement.
Les élèves peuvent, s’ils le souhaitent, indiquer leur identité. Lorsque le questionnaire révèle une situation préoccupante, cela permet une prise en charge individualisée et rapide.
Le Prix « Non au harcèlement »
Créé en septembre 2013 par le ministère de l’Éducation nationale, avec le soutien de la MAE, le Prix « Non au harcèlement » donne la parole aux élèves des écoles, collèges, lycées et structures péri et extrascolaires.
Les participants réalisent collectivement une affiche ou une vidéo servant de support à un projet de prévention mené au sein de leur établissement.
Le prix récompense les initiatives proposant des solutions concrètes pour lutter contre :
- le harcèlement entre élèves ;
- le cyberharcèlement ;
- le harcèlement à caractère sexiste et sexuel ;
- le harcèlement fondé sur le handicap.
Au-delà de la distinction, ce dispositif constitue une opportunité pédagogique majeure. Il permet aux élèves et aux équipes éducatives de débattre en classe des enjeux du harcèlement et du cyberharcèlement, afin de mieux les comprendre et de prévenir plus efficacement ces situations.
Il vise en particulier à mobiliser les témoins, qui jouent un rôle essentiel pour rompre la loi du silence, alerter les adultes et soutenir les victimes.
Le Prix « Non au harcèlement » poursuit plusieurs objectifs :
- sensibiliser les élèves et les adultes ;
- rendre les jeunes acteurs de la prévention ;
- encourager la mise en œuvre de projets pérennes dans les établissements ;
- promouvoir le respect d’autrui et les valeurs de l’École de la confiance.
Découvrez le palmarès du prix Non au harcèlement de notre académie.
Mise à jour : avril 2026






