Lutte contre le décrochage scolaire dans l'académie

Dispositifs et actions académiques pour prévenir et lutter contre le décrochage scolaire.

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La persévérance scolaire, la lutte contre le décrochage sont une priorité nationale et un axe majeur de la politique académique réaffirmé dans le projet académique 2018-2022, au travers notamment des axes 1 « assurer les fondamentaux pour tous les élèves » et « Agir sur le climat scolaire comme facteur de réussite ».

Grâce à l'engagement de toute la communauté éducative et à l’action coordonnée de l’ensemble de nos partenaires, de nombreuses dispositions et actions ont été mises en œuvre, au plus près des territoires. Elles ont permis de diminuer le nombre d’élèves de plus de 16 ans sortis prématurément du système éducatif, en améliorant l’accompagnement des jeunes vers une première qualification et en sécurisant leurs parcours.

Si nous voulons amplifier ces résultats déjà très encourageants, il nous faut favoriser la persévérance scolaire, accroître nos efforts sur le champ de la prévention, intervenir au plus vite auprès des élèves en risque de décrochage, en mobilisant les équipes éducatives et pédagogiques et en favorisant le dialogue avec les familles. Ceci est encore plus vrai depuis le début de la crise sanitaire qui a mis en exergue des inégalités scolaires, qui impacte davantage les élèves les plus vulnérables et risque d’en fragiliser plus encore.

Nous devons également faciliter le retour vers l’école des jeunes qui ont décroché par des dispositifs de remédiation, adaptés à leurs besoins.

Renforcer la prévention

Il convient d'agir en amont pour éviter les ruptures et les situations d'échec qui peuvent contribuer au décrochage scolaire.

Développer une politique de bien-être à l'école, lutter contre l’absentéisme, instaurer un climat scolaire apaisé, mieux comprendre la situation de chaque élève et lui permettre, si nécessaire, de conserver et de développer une relation positive avec l'apprentissage et avec l'école, font partie d'une stratégie globale pour favoriser la persévérance scolaire.

Il est nécessaire de renforcer le lien avec les familles, en particulier avec celles les plus éloignées de l’école, par une relation de confiance qui peut se construire au travers de rencontres et d’échanges de nature diverse.

Le souci de prévention du décrochage doit être au cœur de la pédagogie des enseignants. Des actions de sensibilisation et de formation sont proposées aux établissements dans le cadre du Plan académique de formation (PAF).

Intervenir dès les premiers signes de décrochage

Des référents décrochage scolaire présents dans les établissements scolaires doivent être mobilisés dès les premiers signes de décrochage afin de coordonner les actions à mettre en place, en lien avec les membres de l'équipe éducative et les groupes de prévention du décrochage scolaire (GPDS) : enseignants, conseiller principal d'éducation, Psychologue de l’Éducation nationale, personnel MLDS, assistante sociale, médecin scolaire, infirmière...

Des parcours aménagés de formation initiale (PAFI) peuvent être proposés à des élèves de plus de 15 ans, pour leur permettre de disposer d’un temps de respiration et de prendre du recul à travers un parcours individualisé combinant des temps de formation et des activités extrascolaires (stage en entreprise, clause sociale de formation, service civique alterné...).

Des passerelles et des réorientations peuvent également être envisagées pour des élèves qui manifestent une insatisfaction par rapport à la formation dans laquelle ils sont engagés.

Le maintien en formation dans leur établissement d’origine des élèves ayant échoué à un examen des voies générale, technologique et professionnelle, doit être favorisé pour leur permettre de le repréparer.

Remédier aux situations de décrochage, Favoriser le retour vers l'école

Dans le champ de la remédiation, la consolidation des solutions proposées aux jeunes en situation de décrochage pour préparer leur retour en formation initiale est essentielle.

Cela implique une procédure de repérage performante des jeunes en rupture de scolarité. Dans cette perspective, le Système Interministériel d'Èchange d'Informations (SIEI) a évolué pour prendre en compte les jeunes en rupture de contrat d'apprentissage et de nouvelles améliorations fonctionnelles permettent à ce jour des campagnes mensuelles de repérage des décrocheurs et devraient aboutir très vite à une identification au fil de l’eau. Ces évolutions significatives ont pour but de faciliter le suivi et l'accompagnement des jeunes par les acteurs des plateformes de suivi et d'appui aux décrocheurs (PSAD).

Le partenariat noué avec la Région Centre-Val de Loire et l'ensemble des partenaires interinstitutionnels dans le cadre de lopération Assure ta rentrée ! permet d'apporter une réponse globale à la diversité des attentes et des besoins exprimés par les jeunes sans solution de formation après la rentrée.

Engagée depuis septembre 2020, l’obligation de formation pour les 16-18 ans marque une évolution majeure des pratiques éducatives et d’accompagnement des jeunes. Elle prolonge l’obligation d'instruction jusqu’à 16 ans par une obligation de se former jusqu’à la majorité et est une nouvelle étape dans la lutte contre le décrochage scolaire.

Les réseaux Formation Qualification Emploi (Foquale) permettent d'identifier les solutions innovantes, favorisent la mutualisation d'expériences réussies et renforcent l'offre de formation proposée aux jeunes en situation de décrochage (dispositifs spécifiques de la Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS), structures de retour à l'école, etc.). Ils interviennent en complémentarité avec l'ensemble des PSAD.

Au sein de ces réseaux, les centres d’information et d’orientation et la MLDS jouent un rôle essentiel dans le processus de positionnement et d'accompagnement des jeunes décrocheurs tout au long de leur parcours de formation.

Au travers de ses dispositifs spécifiques de prévention et de remobilisation ou de repréparation au diplôme, la MLDS s’efforce d’offrir un accompagnement personnalisé aux élèves en risque de décrochage ou sans solution de formation, qui sont souvent les jeunes les plus éloignés de la qualification.

Ces dispositifs sont implantés en lycée et ne peuvent en aucun cas constituer des propositions d’orientation. Ils doivent être opérationnels le plus tôt possible dans l’année scolaire (fin septembre).

Les établissements qui souhaitent mettre en place un dispositif de la MLDS doivent préalablement s’assurer que ce dispositif est en cohérence avec leur projet d’établissement, qu’il répond à des besoins préalablement identifiés sur le territoire et qu’il se situe dans le cadre des priorités académiques.
Pour cela, l’établissement doit constituer un dossier d’appel à projet et peut solliciter les moyens spécifiques financiers et humains dont dispose la MLDS.

Certains dispositifs pourront bénéficier d’un cofinancement européen et entreront alors dans le cadre d’un projet FSE porté par le GIP  FTLV  -  IP  .

Mise à jour : avril 2022