Enseigner les Lettres avec le numérique

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L’enseignement des Lettres a pour vocation de faire acquérir aux élèves des compétences d’oral, de lecture et d’écriture ainsi que de développer leur réflexion sur le fonctionnement de la langue et son appropriation. Cet enseignement est profondément renouvelé par les technologies numériques qui représentent un enjeu important de notre époque.

     Les TraAM (Travaux Académiques Mutualisés) proposent des actions d’innovation et d’expérimentation de nouveaux outils pour apprendre dans le but de :

  • Favoriser la prise en compte, dans le domaine de l’enseignement des Lettres, de l’objectif de généralisation de l’éducation numérique dans l’éducation ;
  • Mettre en commun, faire connaître et valoriser au niveau national les expériences académiques ainsi que les pratiques les plus novatrices ;
  • Proposer des actions d’innovation et d’expérimentation de nouveaux outils pour apprendre à partir de thèmes proposés au niveau national.

TraAM 2019-2020: Numérique et appropriation

Je transforme, donc je comprends : 

quelle appropriation des oeuvres et des savoirs grâce au numérique ?

Les oeuvres littéraires font l'objet depuis toujours d'appropriations variées et de recompositions successives : 

  • Dans quelle mesure le numérique permet-il aux élèves percevoir ce dialogue ininterrompu entre les oeuvres et d'y prendre part ? 
  • Comment favorise-t-il, par des activités de réception et de production, une réflexion sur ce qu'est l'interprétation ?

 

          1. Appropriation et communication : donner forme à ce que j'ai compris ?

Il conviendra tout d'abord d'envisager l'appropriation des oeuvres littéraires sous l'angle de leur évocation dans différents médias : comment la presse littéraire, les émissions radiophoniques et télévisées, ou encore plus récemment les booktrailers, mettent en jeu ou en scène des lecteurs qui font part de leur lecture des oeuvres et de l'appropriation qu'ils en ont ? La richesse des ressources numériques désormais accessibles permettra aux élèves de confronter différentes réceptions et de s'interroger sur ce que peut être l'appropriation d'une œuvre littéraire (projet 1).

Ce temps d'observation sera également articulé avec un temps de production : grâce à divers outils numériques, les élèves pourront aborder une oeuvre ou un auteur en se lançant dans la conception d'un magazine littéraire sous format numérique (projet n°2), ou d'une émission radiophonique (projet n°3 et n°4). Au fur et à mesure qu'ils composeront leur événement médiatique, les élèves approfondiront leur connaissance des oeuvres et pourront confronter leurs appropriations respectives des textes (projet n°5).

De manière plus étendue, cette perspective d'appropriation pourra être appliquée à tout objet issu du cours de français : la production de courtes capsules vidéo par les élèves sur un objet donné développera une appropriation des savoirs tout en favorisant le partage de ressources au sein de la classe (projet n°6), de même que la création de jeux sérieux (projet n°7).

Ces différentes pistes permettront en outre aux élèves de développer leurs compétences en Education aux médias et à l'information.

Projets associés :

 

Projet n°1: Moi, Charles Baudelaire – C. PROISY

Projet n°2 : Le Magazine de la Renaissance – C. PROISY

Projet n°3 : La nouvelle fantastique sous forme de feuilleton radiophonique – E. SANCHEZ

Projet n°4 : S’approprier collectivement Petit pays de Gaël Faye en réalisant une émission de webradio – C. MATHIERE

Projet n°5 : S’approprier les Mémoires d’Hadrien en imaginant une rencontre avec son auteur – C. MATHIERE

Projet n°6 : Créer des Booktrailer avec les élèves – F. BERTHELOT

Projet n°7 : Créer un jeu sérieux pour s’approprier l’histoire littéraire – F. BERTHELOT​​​​​​

 

          2. Appropriation et transposition : d'une oeuvre à l'autre ?

Il conviendra ensuite d'envisager l'appropriation des oeuvres littéraires sous l'angle du dialogue entre les oeuvres : comment l'artiste s'approprie-t-il des oeuvres déjà existantes pour les transposer, les transformer et créer une oeuvre nouvelle ? Les facilités de mise en relation qu'offre le numérique permettront aux élèves de s'interroger sur l'articulation entre appropriation et création d'une oeuvre littéraire ou artistique.

Ainsi l'analyse comparée d'oeuvres d'arts grâce au numérique permettra tout d'abord d'envisager les rapports d'influence mais aussi les écarts que les oeuvres entretiennent dans le dialogue qui se noue entre elles. Cette relation sera d'autant plus visible pour les élèves dans le cas d'une transposition d'un art à un autre (projet n°8 et n°9), et notamment dans les relations qu'entretiennent littérature et musique (projet n°10 et n°11). Ce passage par la transposition permettra également aux élèves de nourrir leur réflexion sur le rôle et les fonctions possibles d'un écrit d'appropriation, conçu non seulement comme le témoignage d'une réception authentique, mais également, dans le même temps, comme l'esquisse d'une production à venir. 

De manière plus étendue, cette réflexion sur l'appropriation pourra interroger le rapport que l’auteur peut entretenir avec l’ensemble des productions culturelles qui composent le monde qui l’entoure (projet n°12) : comment l’écrivain s’approprie-t-il en littérature les lieux réels qu’il investit de son imagination ? quel rôle la découverte de ces lieux peut-elle jouer, d’un autre côté, dans l’appropriation que le lecteur peut faire de l’œuvre qui les évoque ? à moins que l’œuvre elle-même permette au lecteur de s’approprier le monde qui l’entoure ?

Si ces différentes pistes contribueront à enrichir le parcours d'éducation artistique et culturel, elles permettront également, en lien avec le parcours citoyen, d'interroger les limites de l'appropriation dans une perspective de production : comment dès lors penser le droit d'auteur ou le plagiat ? quel regard porter sur l'articulation entre productions numériques et authenticité ? 

Projets associés :

Projet n°8 : Beaumarchais, du langage théâtral au langage de la BD – C. PROISY

Projet n°9 : S’approprier Britannicus de Racine en réalisant des photographies de mise en scène – M. DEZELU

Projet n°10 : S’approprier un texte théâtral en l’enrichissant d’un pièce musicale – M. DEZELU

Projet n°11 : Découvrir le lyrisme poétique grâce à la mélodie française – M. DEZELU

Projet n°12 : Ecrire une nouvelle en partenariat avec un musée – V. MORISSET-SCHUSTER

 

          3. Appropriation et interprétation : vers des commentaires ininterrompus ?

Il conviendra enfin d'envisager l'appropriation des oeuvres sous l'angle du commentaire, conçu moins comme exercice formel que comme geste interprétatif : comment le numérique favorise-t-il la production de commentaires sous des formes diverses et nous invite à reconsidérer cette pratique dans son historicité ? Commenter, est-ce expliquer de manière savante ? exprimer son appréciation ? construire des liens avec d'autres oeuvres (projet n°13)? Quel regard porter cette pratique à l'heure où l'on peut "poster des commentaires" en réaction à tout type de production sur les réseaux sociaux ?

On proposera ainsi aux élèves de travailler sur des textes enrichis pour faciliter leur compréhension et leur appropriation du texte (projet n°14), ou au contraire d'enrichir les textes en fonction de leur appropriation et leur compréhension (projet n°15 et n°16). Par ailleurs, l'outil numérique permettra d'interroger les tensions qui parcourent le geste interprétatif : alors que le commentaire, sous sa forme scolaire, apparaît comme une production rhétorique close, les commentaires et enrichissements successifs du texte n'ont pas nécessairement de fin et peuvent donner lieu à un dialogue conçu non plus seulement entre les artistes, mais entre les commentateurs (projet n°17). Toutefois, peut-on se contenter de ce dialogue ininterrompu entre commentateurs ? ces écrits heuristiques n'ont-ils pas vocation à être articulés avec des écrits synthétiques qui témoignent d'une compréhension authentique du sujet lecteur ?

Projets associés :

Projet n°13 : Carnet de lectures – C. PROISY

Projet n°14 : Palimpsestes numériques – P. GODIVEAU

Projet n°15 : S’approprier la Dame aux camélias, d’un texte à l’autre, d’une œuvre à l’autre – M. DEZELU

Projet n°16 : Bérénice, de l’exercice d’appropriation au commentaire – C. MATHIERE

Projet n°17 : S’approprier, confronter et créer – simulation de débats entre plusieurs metteurs en scène de l’Ecole de femmes de Molière – C. MATHIERE