Utilisation pédagogique du vidéo-projecteur : exercice de micro-écriture

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I- Le contexte pédagogique

 

    Ce dispositif a été expérimenté dans le cadre de l’aide individualisée en seconde et de l’initiation au commentaire avec un groupe d’élèves faible éprouvant des difficultés à rédiger des phrases de commentaire.

 

Il s’agissait de procéder à des exercices de micro-écriture pour travailler avec précision la rédaction d’analyse. Il paraît évidemment possible de transposer l’exercice, mutatis mutandis, dans une séance de module ou de travaux dirigés en première littéraire.

 

Nous disposions d’un ordinateur portable et d’un vidéo-projecteur. Un ordinateur de bureau installé à demeure convient tout aussi bien.


 

II- La mise en œuvre

 

    Nous partons d’un exercice emprunté à un manuel dont une photocopie est distribuée à chaque élève et qui est également projeté sur l’écran :

 

Le fleuve coulait vers la mer. Le peuplier soudain se haussa sur ses racines, puis se coucha, écrasant sa ramure. La Seine s’aplatit, plus large, plus grise, sauvage. Brutalement découverts, les champs nus tressaillirent, et aussitôt perdirent leur âme; par la brêche, on ne vit plus qu’une plaine qui s’étendait anonyme, industrielle, entre un fleuve et une forêt.

    Roger IKOR, Les eaux mêlées, 1955, éd. A. Michel

 

1. Composez un premier paragraphe montrant que la description est animée.

 

Les “outils” à utiliser : les verbes conjugués (temps et sens)

 

Contrainte d’écriture : intégrer les exemples du texte au moyen d’outils variés.

 

 

2. Composez un deuxième paragraphe montrant que le paysage est perçu dans la violence.

 

Les outils à utiliser : les termes de personnifi cation, de métaphore et de champ lexical.

 

Une première étape consiste en un travail collectif oral qui va permettre de mettre en évidence les expressions du texte qui traduisent que “la description est animée” et que “le paysage est perçu dans la violence”. Un élève installé au clavier de l’ordinateur fait la synthèse des propositions du groupe et fait apparaître à l’écran le texte tel que ci-dessous en utilisant le surligneur du traitement de texte.

 

 

A partir de cet avatar visuel du texte, le groupe va essayer de mieux appréhender les notions impliquées par l’exercice de personnification, de métaphore et de champ lexical.

 

Intervient ensuite une phase de rédaction individuelle. Il est demandé à chacun de rédiger au moins l’amorce du premier paragraphe.

 

Au bout de dix minutes un élève volontaire vient taper son extrait qui apparaît simultanément à tous. Le groupe est alors invité à proposer des améliorations. L’activation de la fonction “marques de révision” dans le logiciel de traitement de texte qui fait apparaître les passages supprimés en rouge barré et les passages rajoutés en bleu, va permettre de faire apparaître à l’écran, en temps réel, à la fois les passages jugés défectueux et les corrections apportées comme en témoigne le petit extrait ci-dessous.

 

Le groupe avait estimé que le paragraphe commençait de manière trop abrupte, que par ailleurs la première phase supprimée était maladroite et la deuxième incompréhensible. On a voulu également fournir une amorce pour continuer le texte.

 

 

 

La fonction “marques de révision” permet de mettre instantanément en évidence les différentes étapes de l’élaboration des phrases.    

 

Une deuxième séance sera bien entendu nécessaire pour terminer l’exercice.

 

 

III- Pourquoi utiliser le vidéoprojecteur ?

   

L’affichage sur écran des différentes étapes du travail a grandement facilité un véritable travail de discussion, de mise en commun et d’élaboration de propositions par le groupe. Ainsi la séance a été véritablement construite par les élèves. On peut dire, pour ce cas précis, que les conditions techniques étaient particulièrement adaptées pour un travail de micro-écriture qu’il est malaisé de pratiquer dans des conditions spécifiques.

 

Notons également que les élèves sont très sensibles à la mise en valeur visuelle du texte par un processus technique qui leur apparaît par ailleurs comme plus “professionnel”.

 

Il faut enfin insister sur le fait que le rapport frontal professeur/élèves, facteur éventuel de résistance et de conflit, se trouve aboli par la situation spatiale et mentale qui organise la séance : l’attention de tous est dirigée vers l’écran qui évolue au fur et à mesure des propositions du groupe.

 

 

Christian PERRIER

 

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