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par Nyl Godard
Term S 1999-2000 Lycée Augustin Thierry - Blois 41
adiafora
[adiaphora]Les stoïciens classiques désignaient ainsi les actions qui sont moralement indifférentes. Nous n'avons aucune obligation directe d'accomplir ou d'éviter de telles actions, même si elles peuvent contribuer à notre bien-être ou au contraire lui nuire . Ainsi, par exemple, bien qu'il n'y ait aucune obligation de préserver sa propre santé , en agissant ainsi on augmentera le bien-être et sa capacité à faire ce qui est juste.
aition
[aition]Le terme grec le plus général pour la cause ou la responsabilité, utilisé par Aristote en particulier en référence à l'un des 4 types de réponse légitimes à une question du genre "Pourquoi ?".
akrasia
[akrásia]Littéralement : mauvais mélange. C'est le défaut d'incontinence/absence de maîtrise ou de faiblesse de la volonté, situation dans laquelle un sujet est incapable d'accomplir des actions qu'il sait être justes. Bien que Socrate soit persuadé que bien agir découle de la connaissance de ce qui est bien, Aristote maintient que le comportement humain est souvent "acratique".
alhqeia
[alêtheia]doxa [dóxa] ( qui désigne plutôt la croyance) et episthmh [epistêmê] ( qui renvoie à la connaissance véritable).Vérité en grec. Ce terme marque habituellement la distinction entre
anamnhsiV
[anámnêsis]eidoV [eidos] ) indépendamment de l'expérience sensorielle.Terme grec utilisé sans doute par Socrate lui-même mais surtout par Platon pour désigner la réminiscence de vérités fondamentales relatives à une forme "immutable", éternelle (en grec
anagkh
[anankê]anagkh.Terme grec désignant la nécessité logique ou causale de quelque chose qui ne peut pas être autrement. Selon Aristote par exemple, la cause efficace d'une chose produit son effet et la conclusion d'un bon syllogisme produit sa conclusion du fait de l'
apeirwn
[apeirôn]Terme utilisé par Anaximandre pour désigner l'extension infinie de l'univers. De même, dans la philosophie néoplatonicienne de Plotin, cela correspond au principe matériel du changement
aporia
[aporia]Une énigme ou une difficulté en grec. Aristote désignait souvent ainsi un groupe d'affirmations plausibles prises individuellement mais fausses regardées dans leur ensemble. Il supposait que la réconciliation de telles propositions en considérant des solutions alternatives était le travail majeur de la philosophie.
areth
[aretê]areth pouvait être assimilée à la connnaissance du Bien mais Platon distinguait 4 vertus centrales comme composantes essentielles de l'état parfait ou de la personne. Aristote maintenait que l'areth morale était invariablement trouvée dans la voie entre deux extrêmes correspondant à des vices.Terme grec désignant l'excellence ou l'habileté de n'importe quelle sorte ; d'où, en particulier, la vertu morale. Socrate supposait que l'
arch
[archê]arch qu'il vaudrait le plus la peine de chercher serait un principe ultime sur lequel on fonderait la connaissance théorique.Terme grec désignant le commencement, le point de départ. Les philosophes de Milet (milésiens) cherchaient une chose simple dont serait composé tout l'Univers. Cependant pour Platon et Aristote l''
Archimède (287-212 av. JC)
Géomètre sicilien, il a notamment calculé une valeur approchée de
p, démontré la relation entre le volume du cylindre et celui de la sphère, inventé de nombreuses machines et défendu en vain sa cité contre un siège romain.Il fut tué par un soldat romain auquel, absorbé par ses calculs, il refusait de répondre.
ataraxia
[ataraxia]Terme grec que Pyrrho (Pyrrhus) et Epicure utilisaient pour définir la tranquillité, la paix intérieure, le détachement vis-à-vis des passions et des peines, état qui caractérise un esprit équilibré.
dianoia
[diánoia]nohsiV [nóêsis] .Platon et Aristote utilisaient ce terme pour signifier la compréhension ou une activité intellectuelle en tant que processus discursif. Son contraire : l'immédiateté de la "noésis" :
dikh
[díkê]dikaiwsunh [dikaiôsunê], et le meilleur exemple se trouve dans les harmonieuses relations de l'état idéal selon Platon.La justice, c'est-à-dire l'équitable répartition des biens. La vertu correspondante s'appelle
doxa
[dóxa]Opinion, jugement ou croyance. S'oppose à l'episthmh, savoir systématique.
dunamiV
[dynamis]En grec, la force ou la puissance. Aristote l'utilisait pour désigner la potentialité ou la capacité.
eidoV
[eidos]eidoV est l'immuable nature propre à une chose, l'une des formes éternelles et transcendantes appréhendées par la raison humaine (en grec : nouV). Par extension, Husserl a utilisé le terme "eidetique" pour désigner l'appréhension phénoménologique des essences en général.Terme grec désignant la silhouette ou la forme. Dans la philosophie de Platon, l'
eikasia
[eikásia]Platon utilisait ce terme pour désigner l'imagination humaine, laquelle est basée exclusivement sur des apparences temporelles.
energeia
[energeia]La fonction ou l'activité d'une chose. D'un point de vue plus technique, dans la philosophie d'Aristote, l'energeia est la caractéristique actuelle/ en acte de toute substance individuelle.
enteleceia
[entelecheia]Le terme grec d'Aristote pour la réalité complète ou le caractère effectif d'une chose, comme l'âme pour le corps humain. Au XVIIIème siècle, Leibniz désigne par ce terme la force active résidant dans chaque monade.
episthmh
[epistêmê]Le corps organisé des connaissances théoriques.
epoch
[epochê]Terme grec pour la fin ou l'arrêt; d'où, dans la philosophie des sceptiques, la suspension du jugement. C'est seulement en refusant d'affirmer ou de nier la vérité de ce qu'on ne peut connaître, supposaient-ils, que nous pouvons atteindre l'ataraxie d'une âme en paix.
eroV
[eros]La personnification grecque de l'amour ; de là, désir sexuel et amour en général.
eqoV
[ethos]La coutume ou l'habitude, la conduite caractéristique d'une vie humaine prise d'un point de vue individuel. D'où, à partir d'Aristote, le nom d'éthique pour l'étude du comportement humain.
gnwsiV
[gnôsis]episthmh [epistêmê] et aisqhsiV [aisthêsis].Le terme grec le plus général pour la connaissance, englobant à la fois
ulh [hylê]Le "bois" en grec. En philosophie, ce terme a donné "matière". Aristote désigne ainsi la cause matérielle qui est à la base de tout changement de substance.
kinhsiV
[kinêsis]Le mouvement ou le changement en grec, un sujet de controverse entre les philosophes grecs. Les Milésiens voyaient la réalité du mouvement comme acquise tandis que les Eléates pensaient que c'était impossible. Quant aux Atomistes, ils supposaient en général que le changement est un trait naturel de toute chose, alors qu'Aristote trouvait que tout changement devait avoir une cause.
logoV / muqoV
[logos / mythos]logoV), soit en racontant une histoire avec un sens symbolique (muqoV).Deux façons d'expliquer ce qui arrive : soit en fournissant une explication rationnelle (
mimhsiV
[mimêsis]L'imitation ou la représentation. D'où, pour Platon, la mimésis est la façon dont les particules sensibles copient la forme éternelle. Bien que Aristote rejette la théorie des formes, il était d'accord avec Platon sur l'idée que l'expérience esthétique est fondamentalement mimétique.
megaloyucia
[megalopsychia]Grandeur d'âme ou magnanimité, l'une des plus hautes vertus morales dans l'éthique d'Aristote.
mesoV
[mesos]Terme aristotélicien pour la médiété ou voie moyenne qui caractérise invariablement la vertu.
morfh
[morphê]La forme ou l'aspect extérieur dune chose. Doù pour Aristote la cause fondamentale qui, conjointement à l ulh [hylê], constitue un objet naturel en tant que un composé hylomorphique (= réunissant matière et forme).
muqoV
[mythos]logoV).Un discours, un conte ou une histoire qui soppose à une explication rationnelle (
nohsiV
[nóêsis]nouV), sans lavantage du raisonnement discursif qui caractérise la dianoia. Selon Platon, un tel état de conscience représente la plus haute portion de la connaissance humaine. Husserl sest plus tard approprié ce terme pour désigner l'intentionalité dun acte mental.Intuition ou pensée ;opération de lesprit (
neikoV
[neikos]filia [philia].En grec, une querelle, une bataille. De là, dans la philosophie dEmpedocles, lesprit de la discorde ou des conflits qui se heurte constamment à la bienveillante influence de
nouV
[nous]Lesprit, la raison, lintellect. Ainsi, dans la philosophie dAnaxagoras et dAristote, le "nous" est un principe organisateur de lunivers.
ousia
[ousia]Lêtre ou la substance. Ainsi, dans la philosophie d'Aristote, la plus cruciale des catégories au moyen desquelles décrire un objet naturel .
filia
[philia][neikos]. Aristote regardait cette amitié comme un composant nécessaire à une bonne vie.Amitié en grec. Empedocle pensait quil sagissait du principe constructif contrecarrant linfluence destructive du neikoV
praxiV
[praxis]Action ou activité, par opposition à la production créative.
fronhsiV
[phrónêsis]sofia [sophia] ; sagesse en général.Sagesse pratique ou prudence. Lapplication au comportement humain du jugement droit, contrairement à la sagesse plus théorique du terme
fusiV
[physis]tecnh [technê],en tant qu'art & technique.La nature en grec. Soppose à la
pistiV
[pístis]Le terme grec le plus général pour désigner la croyance ou la confiance en tant qu'état subjectif.
pneuma
[pneuma]Le vent ou le souffle en grec. Peut aller jusquà lidée desprit. La pneumatologie est létude des êtres spirituels, la branche de la théologie concernant la 3ème personne de la Trinité (Saint-Esprit).
poihsiV
[poiêsis]teloV [télos]), ce que ne font pas les autres actions ( voir praxiV). Lexcellence en poihsiV est complétée par la compétence dans la tecnh [technê].La création ou la production qui vise à une fin (
yuch
[psychê]Lâme en grec. Désigne le principe essentiel de toute vie et la localisation de la conscience.
sofia
[sophía]fronhsiV [phrónêsis]. Selon Platon, l'exemple de la vertu estdonné par les chefs dans létat idéal.Vertu intellectuelle correspondant à la sagesse, par opposition à la fonction plus pratique de la
swfrosunh
[sôphrosúnê]La modération en grec, la capacité à exercer un contrôle sur sa propre aspiration au plaisir. Pour Platon, cest la vertu la mieux représentée par les masses (= le peuple) de létat idéal. Cependant selon Aristote, il sagirait de quelque chose dencore plus crucial, car toute vertu morale est conçue comme un milieu entredeux extrêmes correspondant à des vices.
tecnh
[technê]poihsiV [poiêsis]), contrairement aux choses qui dérivent purement et simplement de la nature (fusiV [physis]) ou du hasard (tuch [tychê]) .Lart, lhabileté, la compétence impliquée dans la production délibérée de quelque chose (
teloV
[télos]La fin, l'accomplissement, la finalité ou le but de toute chose ou activité. Doù, depuis Wolff, toute explication, théorie ou argument qui met l'accent sur le but poursuivi est dit "téléologique".
timh
[timê]Honneur, estime et dignité.
tuch
[tychê]anagkh [anankê]) dun lien logique ou causal.La fortune, la chance, par opposition à la nécessité (