Panorama de la Philosophie grecque

Un travail réalisé par les hellénistes de 1ère et de Terminale

Année scolaire 1998-99

Un résumé réalisé collectivement à partir du Précis de littérature gréco-latine / Organibac Magnard.

Naissance de la philosophie

C’est au sein du monde grec que la philosophie ou " amour de la sagesse " fait son apparition , en Asie mineure, vers le VIIème siècle av. JC, pendant la période classique . Pour la première fois dans l’histoire de la pensée, l’esprit renonce à la mythologie pour chercher une explication rationnelle du monde et de la vie, ce qui va beaucoup contribuer à ce que l’on appelle le" miracle grec" .La naissance de la philosophie est marquée par l’interrogation sur la cause ultime du problème du devenir, du changement.

I- LES PRESOCRATIQUES

Pendant près de deux siècles, la philosophie à ses débuts va surtout s’intéresser à l’univers et à ses principes. Une nouvelle étape de la pensée est franchie lorsque Socrate et les sophistes centreront pour la première fois l’attention sur l’homme. Ainsi, les philosophes ayant précédé Socrate sont regroupés sous le nom de Présocratiques ou sages ( sources : les allusions de Platon, d’Aristote, les œuvres des doxographes qui ont retranscrit les opinions /"doxai" de ces sages admirés de toute la Grèce ) .

1-Les Ioniens

A Milet, quelques " sages  se sont demandés quelle pouvait être la matière commune, la substance unique dont tout était fait.

Plusieurs propositions ont été considérées par différents philosophes :

a) dans l’école de Milet :

b) autres philosophes ioniens

2-Les Italiques

Pythagore recherchait le détachement du monde et des sensations au sein de sa secte aristocratique dont il est le fondateur.

Il semble avoir développé la théorie d’après laquelle les nombres constituent le principe qui détermine les choses. Les êtres seraient donc des nombres participant à une harmonie universelle. De ce fait, la réalité consiste en un jeu d’oppositions entre ce qui est déterminé (impair),source de perfection, et ce qui est indéterminé (pair),source d''imperfection.

Un nombre correspond à chaque figure de base :1: le point; 2: la ligne; 3: la surface; 4: le corps solide ; ainsi 10 quoique pair devient leur nombre parfait.

Pythagore considère que la vertu de l'âme est à l’origine de l’harmonie du corps. Unie au corps en raison d’une faute originelle, l’âme doit pratiquer la vertu pour l’expier. L'abstinence de certains aliments et la pratique de la vertu conduisent à la pureté (ascèse).

Il distingue 4 principes matériels de toutes choses : l’air, l’eau, la terre et le feu.

La multiplicité et l'unité sont dues à l'action de deux forces fondamentales : l'Amour (unité) et la Discorde (multiplicité).

Pour Empédocle, l’âme est de nature matérielle. Pour pouvoir tout connaître elle doit être semblable aux choses : elle est donc constituée d’un mélange des 4 éléments fondamentaux.

3-Les Eléates

L’école d’Elée : C’est à l’école d’Elée, en Italie méridionale qu’il appartient d’avoir élevé la philosophie au degré d’abstraction propre à la logique et à la métaphysique.

Parménide a exposé ses idées philosophiques dans un ouvrage, intitulé De la nature , qui prend dès les premières lignes le ton d’un récit poétique. Deux routes se dégagent pour le poète : la vérité immuable et parfaite dont la connaissance est primordiale, et la coutume fondée sur l'apparence trompeuse des sens.

Les propriétés de l’être : Parménide oppose la pensée logique à l’expérience. Il considère l’être comme une réalité intelligible et physique à la fois. C’est pourquoi l’être est un et éternel, mais aussi continu, fini et sphérique. Parménide perçoit la réalité de l’être avec tant de force, qu’il en arrive à nier l’existence du changement. D’après lui, nos sens nous tromperaient.

Les apories (" difficultés " en grec): pour les Pythagoriciens, le nombre impair est indivisible tandis que le nombre pair pourrait être infiniment divisé. Zénon nie au contraire aussi bien ce caractère indivisible que la possibilité qu’ont certains nombres d’être divisés à l’infini. Il a remis en cause le caractère peu réaliste des théories des pythagoriciens avecnotamment sa célèbre aporie Achille et la tortue (qui n'est pas valable en pratique).

"Le plus lent à la course ne sera jamais rattrapé par le plus rapid e; car celui qui poursuit doit toujours commencer par atteindre le point d'où est parti le fuyard…"

Il passe pour le fondateur de la dialectique et pour le premier philosophe à avoir essayer de penser le mouvement.

II-SOCRATE ET LES SOPHISTES

1- Les sophistes

Originaires de la Grande Grèce, de Thrace ou des îles de la mère Égée, des maîtres de rhétorique sont venus enseigner à Athènes, au Vème s. av. JC, pour préparer les jeunes Athéniens à leur vie de citoyens. Un trait philosophique caractérise tous les sophistes : leur scepticisme plus ou moins marqué envers la connaissance de la vérité. On leur reconnaît le mérite d’avoir fait progresser la grammaire et l’éloquence, d’avoir centré l’attention sur l’homme pour la première fois dans l’histoire de la pensée. Socrate et Platon leur reprocheront cependant d’avoir préféré la technique de la persuasion à la recherche de la vérité, l’art d’enchaîner les idées à l’étude profonde de la nature et de l’homme.

" L’homme est la mesure de toutes choses ; pour celles qui sont, de leur existence ; pour celles qui ne sont pas, de leur non-existence. "

Ce fragment témoigne du subjectivisme de Protagoras qui affirmait l’existence sur tout sujet de " deux discours opposés ".Des dieux, il dit qu’on ne peut en avoir aucune connaissance :

" Touchant les dieux, je ne suis pas en mesure de savoir ni s’ils existent, ni s’ils n’existent pas, pas plus que ce qu’ils sont quant à leur aspect. "

D’après Sextus Empiricus, Gorgias a établi 3 principes successifs dans un livre -perdu- intitulé Du non – être ou de la nature :

  "Premièrement, et pour commencer, que rien n’existe ; deuxièmement, que même s’il existe quelque chose, l’homme ne peut l’appréhender ; troisièmement, que même si on peut l’appréhender, on ne peut ni le formuler, ni l’expliquer aux autres. "

On mesure la portée de son scepticisme. La puissance de ses discours le conduisait à penser que l’orateur peut convaincre son public de n’importe quelle opinion. Gorgias disait : " le sérieux de l’adversaire, il faut le détruire par la plaisanterie, et sa plaisanterie par le sérieux ".

2- Socrate (470-399 av. JC)

Sa vie : Fils d’un tailleur de pierres et d’une sage-femme, Socrate, qui n’a jamais rien écrit, a consacré cependant son existence à " polir " l’esprit des Athéniens et à " enfanter " la vérité. Recherchant les causes de la décadence d’Athènes, il l’attribue au scepticisme des sophistes qui mine la force morale des citoyens. Cette attitude lui vaudra de nombreux ennemis au point d’être condamné à mort injustement. La figure de notre philosophe nous est surtout connue par ses disciples Xénophon et Platon.

Xénophon évoque le caractère simple et pratique de Socrate qui recommandait la maîtrise de soi, le respect des lois et l’amitié. Platon souligne en revanche l’audace d’une pensée qui a su renouveler la philosophie par sa recherche constante de la nature des êtres et des qualités

Sa méthode : Mise au service de la vérité, la parole devient, pour Socrate, l’instrument de sa maïeutique, to maieutikon, qui vient du verbe maieuw, signifiant "délivrer une femme en couches". Par cette méthode, il fait accoucher les esprits des connaissances qu’ils contiennent sans le savoir. Par une question subtile, parfois ironique, Socrate invite son interlocuteur à reconnaître ses erreurs pour qu’il aboutisse à un aveu d’ignorance. C’est alors que le philosophe athénien suggère la solution avec une telle délicatesse que celui qui l’écoute croit avoir atteint tout seul la vérité. Cette démarche vise la recherche de concepts universels, c’est-à-dire de notions objectives qui correspondent à la réalité.

Ses idées : Socrate s’est efforcé de rappeler que la conduite humaine devait suivre des normes stables et universelles. Pour lui, l’ensemble des vertus se ramène en définitive à la sagesse qui, comme toute autre science peut être enseignée. Elle entraîne la sérénité au point que pour Socrate, sagesse, vertu, bonheur, et paix sont inséparables. Socrate se distingue aussi par sa croyance en la divinité. Constatant que, chez l’homme, chacun des organe est adapté à sa fin, Socrate conclut à l’existence d’un Artisan Sage, cause de la perfection humaine.

III- PLATON (427 AV. JC, ATHÈNES – 347 AV. JC, ATHÈNES)

1-Sa vie

Issu d’une famille aristocratique athénienne, Platon avait d’abord formé le projet de devenir un homme politique. La rencontre de Socrate allait profondément transformer sa vie. A son retour d’un voyage en Egypte et en Cyrène, entrepris après la mort du maître, il ouvre à Athènes une école philosophique qu’il établit dans les jardins d’Académos, d’où son nom : l’Académie. Platon va consacrer le reste de sa vie à l’enseignement, après avoir vainement tenté de fonder en Sicile sa cité idéale.

2-Son œuvre

a) Les premiers dialogues sont tournés vers des problèmes éthiques. On perçoit une grande influence de Socrate, notamment dans la conception du mal qui, pour Platon, est causé par l’ignorance. La vertu est la science qui permet de distinguer le bien du mal, elle peut donc être enseignée. Les dialogues se terminent souvent sur une interrogation qui donne les clefs des problèmes sans les résoudre entièrement.

L’apologie de Socrate est le discours que Platon prête à son maître lors de son procès. Socrate préfère dire la vérité à ses juges plutôt que de vouloir à tout prix échapper à la mort.

Dans le Criton, Socrate démontre à un de ses disciples qui lui propose de l’aider à s’évader qu’il est préférable de subir une injustice plutôt que de la commettre.

Dans l’introduction du Protagoras, Platon se livre à une satire des sophistes.

Le Ménon présente l’ébauche de la théorie de Platon sur la connaissance.

b) Les œuvres de la maturité : la philosophie abordée par Platon est plus personnelle.

En abordant des problèmes métaphysiques, c’est-à-dire qui touchent à la connaissance des êtres, de leur nature et des causes de l’univers, Platon fait une distinction fondamentale : le monde sensible, accessible à nos sens ne serait qu le reflet du monde suprasensible des Idées.

Dans la République, Platon décrit la cité idéale. C’est au livre VII que se trouve le mythe de la caverne illustrant le rapport entre le monde sensible et le monde des Idées.

Le Phèdre aborde divers problèmes. Dans ce dialogue, le mythe de l’attelage ailé symbolise la chute de l’âme dans le corps après avoir connu le monde des Idées.

Dans le Banquet, à travers Socrate, Platon présente l’amour comme une aspiration au beau et au bien.

Le Phédon relate la mort de Socrate.

3-Les dialogues et la pensée de Platon

Originalité littéraire : Par opposition aux discours suivis des sophistes, les dialogues platoniciens sont avant tout des scènes vivantes : la conversation avec Socrate engage l’interlocuteur dans un raisonnement méthodique et progressif.

Le monde des Idées : comme les hommes de la caverne, qui prennent les ombres projetées sur la paroi pour les objets réels, nous prenons le monde sensible pour la réalité, alors qu’il n’est que le reflet des Idées. Pour Platon il existe un univers inaccessible aux sens, où se trouvent les Idées, modèles de tout ce que nous voyons ou imaginons, et qui sont immuables, vraies, éternelles, parfaites. C’est à l’Idée du lit qu’un artisan se réfère lorsqu’il veut en fabriquer un.

L’homme et la connaissance : pour Platon, l’âme a connu le mode des Idées avant de tomber dans un corps. La connaissance des hommes est donc un souvenir des Idées dont les choses de ce monde ne sont qu’un reflet. ( Cf. Mythe de l’Attelage Ailé ). Platon méprise le monde matériel et le corps en particulier car l’homme est surtout son âme.

IV- ARISTOTE ( 384 AV. J-C, STAGIRE- 322 AV. J-C, CHALCIS)

1-Vie

Disciple de Platon, il devient le précepteur d’Alexandre le Grand. Il ouvre à Athènes sa propre école : le Lycée.

2- Oeuvre

A écrit deux types d’ouvrages : des ouvrages grand public avec un très bon style mais que l’on a perdus et des ouvrages plus denses pour ses disciples et que l’on a, pour l’essentiel, conservés. Aristote a construit un système philosophique cohérent et divers.

a) Les traités philosophiques

Contrairement à Platon, Aristote fait une distinction entre l’ordre des idées (l’ordre logique) et celui de la réalité (l’ordre métaphysique).

La logique

Dans sa Logique, il distingue trois notions fondamentales :

La métaphysique dans ses Traités sur l’être

Selon Aristote, la connaissance apporte la distinction entre la forme et la matière. Pour lui, cette distinction n’est pas théorique, mais constitue au contraire le fondement de la réalité.

Exemple : toute girafe a deux principes : la forme qui la rend semblable à toutes les girafes et qui permet à l’enfant de donner un seul nom (celui de girafe) à tous les individus de la même espèce , et la matière qui la rend différente de toute autre girafe, qui fait qu’elle est cette girafe-ci et non pas une autre.

Un bloc de marbre a la capacité de devenir une statue, Aristote dit qu’il est une statue en puissance. Si un sculpteur la sculpte effectivement, elle devient une statue en acte : l’acte est le principe qui donne aux choses leur perfection. Tout changement peut donc être expliqué par un passage de la puissance à l’acte : le bloc de marbre a été transformé parce qu’il est passé d’une statue en puissance à une statue en acte.

Aristote est à mi-chemin entre la position d’Héraclite, pour qui le changement rend la connaissance impossible, et l’opinion de Parménide qui nie le changement au nom de la connaissance.

La métaphysique d’Aristote repose ainsi d’une part sur la distinction entre la matière et la forme et d’autre part sur les notions de puissance et d’acte.

L’Ethique à Nicomaque

Le but de l’homme est le bonheur. Les vertus sont les moyens de l’atteindre. La vertu est le juste milieu entre un excès et un défaut : ainsi, le courage s’oppose à la lâcheté aussi bien qu’à la témérité.

Le corps n’est pas une prison de l’âme, comme le dit Platon, mais cette dernière est appelée à maîtriser le corps qui n’est pas une réalité mauvaise en soi.

b) Les traités littéraires

La Poétique

C'est à la Poétique d'Aristote que revient le mérite d'avoir établi, pour la première fois, le vocabulaire et les fondements de la critique littéraire, ainsi que la définition des principaux genres. Pour Aristote, la poésie (au sens de "composition d'une histoire sous forme de vers") reste avant tout l'art de l'imitation. Elle comprend :

Le but des dramaturges est la "catharsis", purgation de la pitié et de la crainte que la représentation des pièces tragiques suscite chez le spectateur.

La rhétorique

Le premier livre définit la rhétorique comme "l'art de découvrir par la pensée, en n' importe quel sujet, ce qu' il renferme de persuasif".

Aristote distingue ensuite trois sortes d'éloquence :

Dans le livre deux, Aristote décrit les passions des trois âges de la vie que l'orateur doit connaître afin de mieux convaincre ses auditeurs.

Le troisième livre enfin porte sur le style : l'auteur y passe en revue les figures de rhétorique avant d'énumérer les parties du discours.

Jugement d'ensemble

On mesure le caractère encyclopédique de son œuvre. C'est pourquoi, nous nous contenterons d'évoquer les ouvrages scientifiques (Physique, Histoire des animaux) et les traités sur la société (Politique, Economique).

Toutefois, remarquons que tous ses écrits sont le fruit de la même démarche : l'observation attentive des faits qui aboutit à un classement exhaustif des aspects d'un sujet ; il dégage alors des lois générales qui découlent de l'induction. Mais le plus surprenant est l'alliance de la rigueur scientifique à une passion sincère pour tout ce qui est profondément humain.

V- Les philosophes post-socratiques et la transmission de la philosophie grecque aux Romains

1- Les philosophes post-socratiques :

a.Les cyrénaïques

Leur doctrine (hédonisme) consiste à rechercher le plaisir et à éviter la douleur. Le philosophe éponyme de ce mouvement était Aristippe de Cyrène (IVème s. Av. JC)

b. Les cyniques

L’école cynique, qui refuse l’organisation sociale et la science, a été fondée par Antisthène (444-365 av. JC), un disciple de Socrate. Diogène, appartenant lui aussi à l’école cynique, aurait vécu dans un tonneau. Les cyniques se caractérisent par leur indifférence vis-à-vis du monde extérieur. Ils recherchent l’apathie, c’est-à-dire l’absence de passions ("passions"qui signifie " souffrances " dans son sens premier).

c. Les pyrrhoniens

Ce courant de pensée prône l’objectivité car les jugements portés sur toutes choses seraient la cause des inquiétudes de l’Homme. Le philosophe Pyrrhon (365-275 av. JC) a créé l’école sceptique.

d.Théophraste (372-287 av. JC) :

Directeur du Lycée succédant à Aristote, il était l’auteur de nombreuses œuvres dont la plus célèbre est les Caractères qu'imitera La Bruyère au XVIIème.

2- La transmission à Rome de la philosophie grecque

Les philosophes grecs, après l’annexion de la Grèce par Rome, viennent enseigner dans les riches familles romaines. Les philosophes romains (Cicéron, Sénèque, Epictete et Marc - Aurèle) relisent leurs prédécesseurs grecs et cherchent à s’approprier leur doctrine. Cette démarche influencera " nos " philosophes Montaigne, Descartes et Pascal.

3-EPICTETE

a) Sa vie

Né en Phrygie en 50 ap. J-C., il est emmené à Rome comme esclave. Il suivit des leçons de Musonis Rufus (un stoïcien ) après son affranchissement, puis enseigna à son tour. En 94 ap. J-C., il fut chassé de Rome ( par un décret de l’empereur Domitien, qui bannit tous les philosophes.) et poursuivit son enseignement en Epire, jusqu’à sa mort en 125 ou 130 ap. J.C.

b) Son œuvre

Ses leçons étaient enseignées en grec. Il écrivit les Entretiens, composés de 8 livres dont il n’en reste que 4 : ce sont des " diatribes ", et le Manuel, court recueil incomplet dont le contenu est semblable à celui des Entretiens.

Le stoïcisme d’Epictète

La philosophie d’Epictète met en avant la morale tandis que la physique est réduite à la description de l’ordre d’une providence divine. Il développe la théorie de la connaissance, qui est le fondement de la morale stoïcienne.

Tous les hommes ont des " prénotions " du bien et du mal mais ils ne savent pas les appliquer correctement aux réalités particulières qui se présentent. Mais pour faire un usage correct de ces " prénotions ", il faudrait d’abord distinguer ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas. Tout ce qui est volontaire dépend de nous, mais le corps, les biens, les parents n’en dépendent pas. Si on veut seulement ce qui dépend de soi, c’est à dire ce que veut Dieu, on est libre car on ne peut nous forcer à rien. La volonté est donc une libre et sereine acceptation de l’ordre divin.

Il faut arriver au jugement droit au lieu de suivre notre imagination à propos de Dieu : il faut donc de l’exercice, ce qui fait de la philosophie une ascèse (askesis).

Le stoïcisme d’Epictète a des liens avec l’enseignement de Socrate et la tradition cynique. Grâce à cette règle de vie, les chrétiens romains trouveront une morale plus détachée et rigoureuse.