La ville en poésie

A tire d'aile Rolande Causse
Aller en ville un jour de pluie Raymond Queneau
Au pied des tours de Notre-Dame Francis Carco
Bruxelles Jacques Brel
C'est place de la Concorde à Paris Jacques Charpentreau
Chanson de la Seine Jacques Prévert
Chanson urbaine R.Gelis
Chantiers Alain Serres
Chevaux de neige Gérard Bocholier
Cité du poème Alain Serres
Colloque sentimental Paul Verlaine
Comme un arbre dans la ville Maxime Le Forestier
Comptine des villes Ernest Pérochon
Couplet de la rue de Bagnolet Robert Desnos
Dans le regard d'un enfant Claude Haller
Dans les villes aujourd'hui  
Dans Paris… Paul Eluard
Derrière les murs dans la rue Louis Aragon
Enfants de la haute ville Jacques Prévert
Gare isolée Maurice Carême
Grand Standigne Raymond Queneau
Hep taxi C. Albaut
Il est cinq heures Paris s'éveille Jacques Lanzmann
Il pleure dans mon cœur Paul Verlaine
Il s'en passe des choses dans ma cité Guy Foissy
La cité natale Anna de Noailles
La cour de mon école Jean-Luc Moreau
La Rochelle  
La Seine a rencontré Paris Jacques Prévert
La Tour Eiffel Maurice Carême
La Ville Emile Verhaeren
La voiture de Turelure J. et C. Held
L'arbre Jacques Charpentreau
Le chat abandonné Paul Degray
Le ciel est par-dessus le toit Paul Verlaine
Le ciel et la ville Claude Bobzynski
Le désastre de Lisbonne François-Marie Arouet (dit Voltaire)
Le grenier Carlos Larronde
Le laveur de carreaux Jacques Charpentreau
Le marteau-piqueur Claude Clément
Le métro Jacques Charpentreau
Le petit square Jacques Charpentreau
Le pont Mirabeau Guillaume Appolinaire
Le Rat de ville et le Rat des champs Jean de La Fontaine
L'école Jacques Charpentreau
L'embouteillage Jacques Charpentreau
Les fenêtres  
Les gratte-ciel Corinne Albaut
Les maisons Charles-Ferdinand Ramuz
Messages de la ville Jacques Charpentreau
Mon beau Paris Raymond Queneau
Paris blanc Pierre Coran
Quatre petits poèmes Alain Serres
Rues Georges Jean
Sur la ville de Paris Isaac de Benserade (1613-1691)
Tableau de Paris à cinq heures du matin (1802) Marc-Antoine Désaugiers (1772-1827)
Tour Eiffel Alain Debroise
Travailleurs mécaniques Joël Sadeler
Une comptine très célèbre…  
Une si jolie petite ville J. et C. Held
Ville Maurice Carême
Bibliographie

 

 

A tire d'aile Rolande Causse Version imprimable en pdf

Rue de l'Arbalète s'envole une alouette.
Rue de la Clef jacassent deux perroquets.
Rue des Eaux, assemblée de moineaux.
Rue Bleue, un rouge-queue met tout en feu.
Rue de la Chapelle, ramage d'hirondelles.
Rue de l'Échelle chantent les merles.
Rue de la Fidélité, un couple de ramiers.
Rue Brise-Miche mésange niche.
Haut sur la rue de la Lune
Planent les oiseaux nocturnes.

 

 

Aller en ville un jour de pluie Raymond Queneau Version imprimable en pdf

On piétine la boue
En attendant le car
Le car est en retard
La colère qui bout.

Enfin, voici le car
Il fait gicler la boue
On voyage debout
Le car est en retard.

Ça sent le drap mouillé
La sueur qui s'évapore
Sur les vitres la buée
Ce moyen de transport

Nous amène à la ville
On s'y fait insulter
Des agents peu civils
Nous y mépriseraient

Si farauds du terroir
On leur un peu marchait
Sur leurs vastes panards
En allant au marché

Les garçons de café
Nous servent peu aimables
Ils n'ont pas de respect
Pour la terre labourable

La journée est finie
On rentre par le car
La boue toujours jaillit
Pressée par les chauffards

Voici notre village
Voici notre maison
Il pleut, il pleut, bergère
Rentre tes bleus moutons

 

Au pied des tours de Notre-Dame Francis Carco Version imprimable en pdf

Au pied des tours de Notre-Dame,
La Seine coule entre les quais.
Ah ! le gai, le muguet coquet !
Qui n'a pas son petit bouquet ?
Allons, fleurissez-vous, mesdames !
Mais c'était toi que j'évoquais
Sur le parvis de Notre-Dame ;
N'y reviendras-tu donc jamais ?
Voici le joli moi de mai...

Je me souviens du bel été,
Des bateaux-mouches sur le fleuve
Et de nos nuits de la Cité.
Hélas ! qu'il vente, grêle ou pleuve,
Ma peine est toujours toute neuve :
Elle chemine à mon côté...

De ma chambre du Quai aux Fleurs,
Je vois s'en aller, sous leurs bâches,
Les chalands aux vives couleurs
Tandis qu'un petit remorqueur
Halète, tire, peine et crache
En remontant, à contre-coeur,
L'eau saumâtre de ma douleur...

 

Chanson urbaine R.Gelis Version imprimable en pdf

A sept heures, c'est réglo,
Papa part en cyclo.
Il travaille en usine
Dans la banlieue voisine.

A huit heures moins le quart,
Maman prend l'autocar:
Pour traverser la ville,
C'est plus facile.

Moi, pour aller à l'école,
J'ai mon vélo rouillé,
Avec lequel je fais la folle
Dans les rues embouteillées...

Et le soir, tous les trois,
Heureux comme des rois
Dans notre H.L.M. à Batignolles,
On rêve de bagnoles...

 

Chantiers Alain Serres Version imprimable en pdf

Un échafaudage
De vingt-cinq étages
Gardait dans sa cage
Un morceau d'fromage
A la page
Bricolage
A la fraise
Bricofraise
A l'amour
Brique au four.

Une grue maline
Du chantier voisin
A volé la lune
Au-dessus d'Melun
C'est un ouvrier
Qui l'a retrouvée
Dans sa tasse de café
Au lait.

 

Chevaux de neige Gérard Bocholier Version imprimable en pdf

Aux portes des villes
Arrivent la nuit
Des chevaux tout blancs

Ils suivent les rues
Les places les squares
Et tout doucement
Secouent leur crinière

Quand ils s'en retournent
Au matin sans bruit
Tout est blanc de neige

 

Cité du poème Alain Serres Version imprimable en pdf

Qui aura assez d'argent
pour m'offrir un poème vrai
contre la misère ?
Un poème qui fonctionne
dans la réalité des cités.
Même à midi, même à Noël.
Un poème à retourner
dans le sourire du poète
si l'on n'est pas satisfait.
Un poème droit, définitif
que les lois devraient respecter.
Avec un banc bleu au milieu
de frais repeint
jamais brisé.
On y parlerait ensemble
de ce qu'on ne connaît pas de l'autre,
de soi.
Presque princes
jamais rois.

 

Colloque sentimental Paul Verlaine Version imprimable en pdf

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l'heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l'on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.

-Te souvient-il de notre extase ancienne ?
- Pourquoi voulez-vous qu'il m'en souvienne ?

-Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom ?
Toujours vois-tu mon âme en rêve ? – Non.

- Ah les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! - C'est impossible.

Qu'il était bleu, le ciel, et grand l'espoir !
- L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.

 

Comme un arbre dans la ville Maxime Le Forestier Version imprimable en pdf

Comme un arbre dans la ville
Je suis né dans le béton
Coincé entre deux maisons
Comme un arbre dans la ville
Sans abri, sans domicile

Comme un arbre dans la ville
J'ai grandi loin des futaies
Où mes frères des forêts
Ont fondé une famille

Comme un arbre dans la ville
Entre béton et bitume
Pour pousser, je me débats
Mais mes branches volent bas
Si près des autos qui fument
Entre béton et bitume

Comme un arbre dans la ville
J'ai la fumée des usines
Pour prison mes racines
On les recouvre de grilles
Comme un arbre dans la ville

 

Comptine des villes Ernest Pérochon Version imprimable en pdf

Combien faut-il d’boulets d'canons
Pour bombarder la ville de Lyon ?

A Neuchâtel
Il y avait trois p'tits polichinelles
Qui vendaient de la ficelle

Petites dames de Paris
Mettez vite vos souliers gris
Pour aller au Paradis ( ... )

A Marseille - on fait des bouteilles
A Versailles - on les empaille;
A Toulon - on met les bouchons;
A Paris - on les emplit;
En Savoie - on les boit.

Dans la rue des Quatre-Chiffons
La maison est en carton
L'escalier est en papier
Le propriétaire est en pomme de terre
Le facteur y est monté
II s'est cassé
Le bout du nez

Le palais royal est un beau quartier
Toutes les jeunes filles sont à marier
Mam'zelle Valérie est la préférée
De Monsieur Francis qui veut l’épouser (...)

Guêpe folle
Qui s'envole
Vers l'école
De Nancy
Tombe ici
Tombe là
Sur moi

 

Dans le regard d'un enfant Claude Haller Version imprimable en pdf

J'ai vu des continents
Des îles lointaines
De fabuleux océans
Des rives incertaines,
Dans le regard d'un enfant.

J'ai vu des châteaux
Des jardins à la française
Des bois des coteaux
De blancs rochers sous la falaise,
Dans le regard d'un enfant.

J'ai vu les Champs-Élysées
L'Arc de Triomphe, la Tour Eiffel
Le Louvre et la Seine irisée
Comme un arc-en-ciel,
Dans le regard d'un enfant.

 

Dans les villes aujourd'hui   Version imprimable en pdf

Il n’y fait jamais nuit.
Elles sont pleines de bruit
Et de dangers aussi.
Dommage!
Je préfère mon village,
Entre champs et herbages;
Les rues y sont plus sages.

 

Dans Paris… Paul Eluard Version imprimable en pdf

Dans Paris, il y a une rue; dans cette rue, il y a une maison; dans cette maison, il y a un escalier; dans cet escalier, il y a une chambre; dans cette chambre, il y a une table; sur cette table, il y a un tapis; sur ce tapis, il y a une cage; dans cette cage, il y a un nid; dans ce nid, il y a un œuf; dans cet œuf, il y a un oiseau.

L’oiseau renversa l’œuf; l’œuf renversa le nid; le nid renversa la cage; la cage renversa le tapis; le tapis renversa la table; la table renversa la chambre; la chambre renversa I'escalier; l'escalier renversa la maison; la maison renversa la rue; la rue renversa la ville de Paris.

 

Hep taxi C. Albaut Version imprimable en pdf

Hep taxi
Par ici
Je veux aller à Passy!

Hep camion!
Attention
Tu gênes la circulation

Hep métro
Au galop
Je vais au Trocadéro

Autobus!
Omnibus!
Mène-moi au terminus!

 

Il est cinq heures Paris s'éveille Jacques Lanzmann Version imprimable en pdf

Je suis le dauphin de la place Dauphine
Et la place Blanche a mauvais'mine
Les camions sont pleins de lait
Les balayeurs sont pleins d'balais

Il est cinq heures, Paris s'éveille, Paris s'éveille

Le café est dans les tasses
Les cafés nettoient leurs glaces
Et sur le boulevard Montparnasse
La gare n'est plus qu'une carcasse

Il est cinq heures, Paris s'éveille, Paris s'éveille

Les banlieusards sont dans les gares.
A la Villette, on tranche le lard
Paris by night regagne les cars
Les boulangers font des bâtards

Il est cinq heures, Paris s'éveille, Paris s'éveille

La Tour Eiffel a froid aux pieds
L'Arc de Triomphe est ranimé
Et l’Obélisque est bien dressé
Entre la nuit et la journée

Il est cinq heures, Paris s'éveille, Paris s'éveille

Les journaux sont imprimés
Les ouvriers sont déprimés
Les gens se lèvent, ils sont brimés
C'est l’heure ou je vais me coucher

Il est cinq heures, Paris se lève
Il est cinq heures, je n'ai pas sommeil

 

Il s'en passe des choses dans ma cité Guy Foissy Version imprimable en pdf

II s'en passe des choses dans ma cité. Il n'y a qu'à regarder. Moi, un jour, j'ai dit : « J'arrête, je regarde. » J'ai posé par terre mes deux sacs. Je me suis assis. J'ai regardé.

Les gens venaient
Les gens marchaient
Les gens passaient
Les gens tournaient
Les gens filaient
Les gens glissaient
Les gens dansaient
Les gens parlaient
Gesticulaient
Les gens criaient
Les gens riaient
Les gens pleuraient
Disparaissaient.

Il s'en passe des choses dans ma cité. II n'y a qu'à regarder. On voit de tout, on peut tout voir. Mais ce qu'on ne voit jamais dans ma cité, c'est un regard. Un regard qui vous regarde et qui s'attarde.

Les gens naissaient
Les gens vivaient
Les gens mouraient.

Et moi, je restais sur mon banc de pierre, encadré
par mes deux sacs. Je regardais.
C'est merveilleux : partout où il y a des femmes
partout où il y a des hommes,
partout il y a la vie.
J'aurais dû me lever. Leur tendre la main.
Leur dire : « Salut.
Bonjour ! J'existe. Et vous ? Vous existez ? »

Je suis resté assis.
Le plus souvent, c'est ainsi que les choses se passent.

 

La cité natale Anna de Noailles Version imprimable en pdf

Heureux qui dans sa ville, hôte de sa maison,
Dès le matin joyeux et doré de la vie
Goûte aux mêmes endroits le retour des saisons
Et voit ses matinées d'un calme soir suivies.

Fidèles et naïfs comme de beaux pigeons
La lune et le soleil viennent sur sa demeure,
Et, pareille au rosier qui s'accroît de bourgeons,
Sa vie douce fleurit aux rayons de chaque heure.

Il va, nouant entre eux les surgeons du destin,
Mêlant l'âpre ramure et les plus tôt venues,
Et son coeur ordonné est comme son jardin
Plein de nouvelles fleurs sur l'écorce chenue.

Heureux celui qui sait goûter l'ombre et l'amour,
De l'ardente cité à ses coteaux fertiles,
Et qui peut, dans la suite innombrable des jours,
Désaltérer son rêve au fleuve de sa ville...

 

La cour de mon école Jean-Luc Moreau Version imprimable en pdf

La cour de mon école
Vaut bien, je crois,
La cour de Picrochole,
Le fameux roi :
Elle est pleine de charme
Haute en couleur;
On y joue aux gendarmes
Et aux voleurs;
Loin des Gaulois, des Cimbres
Et des Teutons,
On échange des timbres,
A croupetons;
Des timbres des Antilles,
De Bornéo...
Et puis on joue aux billes
Sous le préau.
Qu'on ait pris la Bastille,
C'est merveilleux,
Mais que le soleil brille,
C'est encore mieux !
Orthographe et problèmes
Sont conjurés.
Ecole, ah ! que je t'aime
A la récré !

 

La Rochelle   Version imprimable en pdf

C'est vrai qu'il pleut souvent à La Rochelle
Et qu'en automne les ponts s'ennuient
Dans la grisaille de l'avant-nuit...
Il pleut comme une ritournelle
Et s'ouvrent grand les parapluies
Sous les lumières de La Rochelle
Les lumières d'avant la nuit.
La pluie dilue l'envers des rues
Dans la profondeur de miroir
Des trottoirs noirs mouillés de pluie,
II pleut autant qu'il peut pleuvoir!
La cathédrale tend sa grand-voile,
Le vent s'engouffre dans la toile.
La cathédrale devient vaisseau,
Vaisseau de pierre avec trois mâts.
Les eaux l'entraînent vers le large
Sous les étoiles qu'on ne voit pas,
Le large de l'océan noir.
Cingle la nef droit devant !
Les ponts de pierre de La Rochelle
Qui s'ennuient sur leurs pilotis
Rêvent à des rives sans orages
Bercés par le chant de la pluie...

 

La Tour Eiffel Maurice Carême Version imprimable en pdf

Mais oui, je suis une girafe,
M'a raconté la tour Eiffel,
Et si ma tête est dans le ciel,
C'est pour mieux brouter les nuages,
Car ils me rendent éternelle.
Mais j'ai quatre pieds bien assis
Dans une courbe de la Seine.
On ne s'ennuie pas à Paris :
Les femmes, comme des phalènes,
Les hommes, comme des fourmis,
Glissent sans fin entre mes jambes

Et les plus fous, les plus ingambes
Montent et descendent le long
De mon cou comme des frelons
La nuit, je lèche les étoiles.
Et si l'on m'aperçoit de loin,
C'est que très souvent, j'en avale
Une sans avoir l'air de rien.

 

La voiture de Turelure J. et C. Held Version imprimable en pdf

La voiture
de Turelure
est en mûres,
confiture, confiture
est en confiture de mûres.

Elle n'a
ni serrure,
ni toiture,
ni couture,
la voiture,
la voiture de Turelure.

 

Le chat abandonné Paul Degray Version imprimable en pdf

Je suis le chat de ton quartier
On me dit abandonné.
Ne cherche pas à m'attraper
Car mes griffes sont acérées.

Je me promène sur les toits
Qu'il fasse nuit, qu'il fasse froid.
Je n'ai pas peur de tomber
Car la Lune sait me guider.

Pour manger au restaurant
Je n'ai pas besoin d’argent
Je me sers dans les poubelles
Et ne fais jamais d’vaisselle.

Je suis le chat de ton quartier
On me dit abandonné
Ça ne me fait pas pleurer
Car mon nom est Liberté.

 

Le désastre de Lisbonne François-Marie Arouet
dit Voltaire
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Ô malheureux mortels ! ô terre déplorable !
Ô de tous les mortels assemblage effroyable !
D'inutiles douteurs éternel entretien !
Philosophes trompés, qui criez : Tout est bien;
Accourez, contemplez ces ruines affreuses,
Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
Ces femmes, ces enfants, l’un sur l’autre entassés,
Sous ces marbres rompus ces membres dispersés;
Cent mille infortunés que la terre dévore,
Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,
Enterrés sous leurs toits, terminent sans recours
Dans l’horreur des tourments leurs lamentables jours !
Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,
Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,
Direz-vous: « C'est l’effet des éternelles lois
Qui d'un Dieu libre et bon nécessitent le choix »?

Direz-vous, en voyant cet amas de victimes :
« Dieu s'est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes »?
Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants
Sur le sein maternel écrasés et sanglants ?
Lisbonne, qui n'est plus, eut-elle plus de vices
Que Londres, que Paris, plongés dans les délices?
Lisbonne est abîmée, et l’on danse à Paris.
Tranquilles spectateurs, intrépides esprits,
De vos frères mourants contemplant les naufrages,
Vous recherchez en paix les causes des orages :
Mais du sort ennemi quand vous sentez les coups,
Devenus plus humains, vous pleurez comme nous.
Croyez-moi, quand la terre entrouvre ses abîmes,
Ma plainte est innocente et mes cris légitimes.

 

Le grenier Carlos Larronde Version imprimable en pdf

… Il est noir, l'escalier,
L'escalier qui monte au grenier,
Au grenier ou le plancher craque.
C'est un endroit que l'on aime beaucoup
La nuit s'y attarde; on y trouve de tout :
Vieux livres, souvenirs, chapeaux à claque
Et des rats sortant de leur trou.
On a peur; il fait noir; le plancher craque
C'est bon d'être là, sous les tuiles,
Seul et tranquille,
Pour avoir peur et pour penser.
La lucarne est garnie de vitres bien ternes
Avec des toiles d'araignées.
On l'ouvre sur la campagne moderne,
Quand on ne veut plus vivre avec le passé.

 

Le laveur de carreaux Jacques Charpentreau Version imprimable en pdf

Suspendu comme une araignée
Au bout de son fil argenté
Le faveur de carreaux descend
Du haut de la tour. En passant,
Il dit bonjour aux habitants:

30 Le monsieur du trentième étage
Qui ne mange que du fromage.

29 Celui de l’étage au-dessous
Qui n'aime que la soupe aux choux.

28 Les gens qui viennent de Pluton
Et marchent les pieds au plafond

27 Le baryton de l’opéra
Qui se fait des oeufs sur le plat.

26 Ceux qui ont semé du gazon
Pour rendre plus gai leur béton.

25 Ceux qui élèvent des lapins
sur l’herbe d’un salon de jardin.

24 Ceux qui ont mis dans leur baignoire
Un bébé phoque blanc et noir.

23 Le chat qui vit seul, noir et blanc,
(Il a dû louer l’appartement).

22 Le vieil Auvergnat à moustaches
Qui che regarde dans la glache.

21 Le militaire en permission
Qui compte ses décorations.

20 La foule du vingtième étage
C'est la réception d'un mariage.

19 La receveuse de la poste
Qui ne grignote que des toasts.

18 L’académicien nostalgique
Qui s'amuse au train électrique.

17 L'élève de Napoléon
Qui range ses soldats de plomb.

16 Le collectionneur de timbales
Qui joue du violon à pédales.

15 Un abbé qui fait du trapèze
Sur un bâton entre deux chaises.

14 L’amateur de scie musicale
Qui coupe l’Internationale

13 Le passionné d’exploration
Qui chasse le tigre au salon

12 Deux bustes de marbre au nez grec
Qui contemplent un jeu d’échecs.

11 Un athlète en maillot de corps
Qui s'est allongé et qui dort.

10 La dame du dixième étage
Qui garde un sapajou en cage.

9 Plus bas une belle famille
Les parents et quatorze filles.

8 Des campeurs chantant à mi-voix
En rond autour d’un feu de bois

7 Un grand polytechnicien morne
Qui ne porte que son bicorne.

6 Un peu plus bas un éléphant
Prisonnier dans l’appartement.

5 Un couple se bat au cinquième
A coup de tartes à la crème.

4 La petite fille aux yeux bleus
Qui a les yeux verts quand il pleut.

3 La jeune fille du piano,
Qui se tricote un allegro.

2 La dentiste qui vient d’extraire
Une redoutable molaire.

1 Le petit garçon du premier
Qui fourre ses doigts dans son nez.

0 Tout est vide au rez-de-chaussée
La concierge est dans l’escalier.

On voit les secrets de la ville
Quand on descend au bout d’un fil.

 

Le marteau-piqueur Claude Clément Version imprimable en pdf

Tacatacatac
Qu'est-ce qui attaque?
Tacatacatan
Quel est ce boucan?
Tacatacatin
Qu'est-ce que ce potin?
Tacatacatam
Quel est ce ramdam?
Un marteau-piqueur
Sur le macadam

 

Le métro Jacques Charpentreau Version imprimable en pdf

Je mettrai
Dans le métro
Un grand pré

Tu mettras
Dans le métro
Deux gros chats

Il mettra
Dans le métro
Trois lilas

Nous mettrons
Dans le métro
Quatre oursons

Vous mettrez
Dans le métro
Cinq bouquets

Ils mettront
Dans le métro
Six bisons

Et des oiseaux
des pies des geais des corbeaux
des rossignols des rouges-gorges
des alouettes des pinsons
du blé du seigle de l’orge

au fond des bois des petites maisons
des chemins des fleurs des moulins
des plages des forêts de pins
et puis la mer
qui bat qui bat
jusque là-bas
c'est mon cœur mon cœur qui s'en va
sur la mer où tout s'efface
appelé par l’espace

car on met trop
de gens pressés
dans le métro

 

Le petit square Jacques Charpentreau Version imprimable en pdf

A la fin de l’été
le square bat des ailes.
Il voudrait s'en aller
avec les hirondelles
au pays des forêts.

Les oiseaux envolés
par-dessus les nuages,
le square est prisonnier
des arceaux de sa cage
et rêve des forêts.

Il rêve des sentiers,
des sapins, des mélèzes,
des Ioups, des sangliers,
des framboises, des fraises,
de l’odeur des forêts.

Frêles arbres plantés,
Un jour, grandiront -ils ?
Le square espère. Il est
au milieu de la ville,
le petit frère de la forêt.

 

Le Rat de ville et le Rat des champs Jean de La Fontaine Version imprimable en pdf

Autrefois le Rat de ville
Invita le Rat des champs,
D'une façon fort civile,
A des reliefs d'Ortolans.

Sur un Tapis de Turquie
Le couvert se trouva mis.
Je laisse à penser la vie
Que firent ces deux amis.

Le régal fut fort honnête,
Rien ne manquait au festin;
Mais quelqu'un troubla la fête
Pendant qu'ils étaient en train.

A la porte de la salle
Ils entendirent du bruit:
Le Rat de ville détale;
Son camarade le suit.

Le bruit cesse, on se retire:
Rats en campagne aussitôt;
Et le citadin de dire:
Achevons tout notre rôt.

- C'est assez, dit le rustique;
Demain vous viendrez chez moi:
Ce n'est pas que je me pique
De tous vos festins de Roi;

Mais rien ne vient m'interrompre:
Je mange tout à loisir.
Adieu donc; fi du plaisir
Que la crainte peut corrompre.

 

L'embouteillage Jacques Charpentreau Version imprimable en pdf

Feu vert Feu vert Feu vert !
Le chemin est ouvert!
Tortues blanches, tortues grises, tortues noires,
Tortues têtues Tintamarre !
Les autos crachotent,
Toussotent, cahotent
Quatre centimètres
Puis toutes s'arrêtent.

Feu rouge Feu rouge Feu rouge !
Pas une ne bouge !
Tortues jaunes, tortues beiges, tortues noires,
Tortues têtues Tintamarre !
Hoquettent, s'entêtent,
Quatre millimètres,
Pare-chocs à pare-chocs
Les voitures stoppent.

Blanches, grises, vertes, bleues,
Tortues à la queue leu leu,
Jaunes, rouges, beiges, noires,
Tortues têtues Tintamarre !
Bloquées dans vos carapaces
Regardez-moi bien: je passe !

 

Les fenêtres   Version imprimable en pdf

Qu'y a-t-il au trentième étage ?
Une petite fille dans les nuages.
Qu'y a-t-il dix étages plus bas ?
Un petit joueur d'harmonica.
Qu'y a-t-il cinq étages plus haut ?
Une grand-mère qui fait du tricot.
Qu'y a-t-il à l’étage au -dessus ?
Personne ne l’a jamais su.

Qu'y a-t-il en haut de la tour ?
Un monsieur qui joue du tambour.
Qu'y a-t-il à la grande fenêtre ?
Un chat noir qui guette son maître.
Qu'y a-t-il au septième étage ?
Deux petits canaris en cage.
Qu'y a-t-il à l’étage au -dessus ?
Personne ne l’a jamais su.

Qu'y a-t-il à la fenêtre du coin ?
Une famille de Martiens.
Qu'y a-t-il derrière le rideau ?
Un exilé de Bornéo.
Qu'y a-t-il a la fenêtre ouverte ?
Une dame à la robe verte.
Qu'y a-t-il à l’étage au -dessus ?
Personne ne l’a jamais su.

Qu'y a-t-il au treizième étage ?
Un explorateur en chômage.
Qu'y a-t-il six étages plus haut ?
Un outilleur de chez Renault.
Qu'y a-t-il dix étages plus bas ?
Un ancien chanteur d’opéras.
Qu'y a-t-il a l’étage en dessous ?
Je ne sais pas. Le savez-vous ?

 

Paris blanc Pierre Coran Version imprimable en pdf

La neige et la nuit
Tombent sur Paris,
A pas de fourmi.

Et la ville au vent
Peint l'hiver en blanc,
A pas de géant.

La Seine sans bruit
Prend couleur d'encens
Et de tabac gris.

A l'hiver en blanc,
Le temps se suspend,
A pas de fourmi.

A pas de géant
Tombent sur Paris
La neige et la nuit.

 

Quatre petits poèmes Alain Serres Version imprimable en pdf

Psshhhiiii !
L'autobus ouvre sa porte
pour que tout le monde sorte.
Psshhhiiii !
Personne n'est descendu
l'autobus continue.

C'est un très vieux garagiste,
tout en bleu,
qui sait réparer les moteurs
mais pas les petits vieux.

La famille
aux trente-trois filles
déménage
pour un appartement
juste un peu plus large,
au trente-troisième étage.
Levez les yeux au ciel
garçons qui rêvez d'elles!

Au croisement de la rue Youri Gagarine,
un oiseau
sculpte dans de la margarine
un chevalier de l’espace
aux armes et au cœur
tout en grâce,
tout en beurre.
Trois enfants le regardent
en montant la garde.
Aujourd'hui le héros
c'est le moineau.

 

Rues Georges Jean Version imprimable en pdf

Les rues sont vides. Les fenêtres
S'ouvrent enfin sur la nuit.

On voit des passants
Et des chats qui sortent des murs.

Elles conduisent très loin
Les rues que nous avons suivies.

Jusqu'aux lisières des forêts
Jusqu'au souffle bas de la mer

Les rues qui s'écroulent ce soir
Avec les villes de poussière

Les rues des gens. Les rues des mots
Dans les dédales du poème.

 

Travailleurs mécaniques Joël Sadeler Version imprimable en pdf

H.L.M. des grandes villes
Billards électriques
A la nuit tombée

L'ascenseur renvoie
Vos vies métalliques
Pour une nouvelle partie

Tilt lumière au premier
Tilt Tilt Tilt
Lumière partout

Encore un soir de gagné

 

Une comptine très célèbre…   Version imprimable en pdf

Il était une fois,
une marchande de foie,
qui vendait du foie,
dans la ville de Foix.
Elle se dit, ma foi,
c’est la dernière fois,
que je vends du foie,
dans la ville de Foix.

 

Une si jolie petite ville
(Orléans)
J. et C. Held Version imprimable en pdf

Zone industrielle.
Rues - zèbres.
Rues - zig - zag.
Voitures. Mobylettes.
Sortie d'usine
à six heures.
Trois huit.
Travailler la nuit.
Marchandise bruyante.
Croisement - Stop.
Accident possible.
H. L. M. Cité
de la Renardière.
Cage
d’escalier.
Cent fenêtres
allumées – éteintes font
signe à la lune.
Prière d’accueillir
la Loire
dans son lit.

Prière de construire
un château d’eau
en Espagne.
Prière de mettre
les autobus
en bouteille.
Prière de peupler
la lune de chiens noirs.
Prière de rêver
d’une maisonnette
à roulettes.
Prière de respecter
la moyenne
et les pelouses.
Prière de circuler
sur la terre.
Prière de s'agiter
avant de vivre.

 

Ville Maurice Carême Version imprimable en pdf

Trams, autos, autobus,
Un palais en jaune pâli,
De beaux souliers vernis,
De grands magasins, tant et plus.

Des cafés et des restaurants
Où s'entassent des gens.
Des casques brillent, blancs
Des agents, encor des agents.

Passage dangereux. Feu rouge,
Feu orangé, feu vert.
Et brusquement, tout bouge.
On entend haleter les pierres.

Je marche, emporté par la foule,
Vague qui houle,
Revient, repart, écume
Et roule encore, roule.

Nul ne sait ce qu'un autre pense
Dans l'inhumaine indifférence.
On va, on vient, on est muet,
On ne sait plus bien qui l'on est
Dans l'immense ville qui bout, immense soupe au lait.

 

La Ville Emile Verhaeren Version imprimable en pdf

Tous les chemins vont vers la ville.

Du fond des brumes,
Là-bas, avec tous ses étages
Et ses grands escaliers et leurs voyages
Jusques au ciel, vers de plus hauts étages,
Comme d'un rêve, elle s'exhume.

Là-bas,
Ce sont des ponts tressés en fer
Jetés, par bonds, à travers l'air;
Ce sont des blocs et des colonnes
Que dominent des faces de gorgonnes;
Ce sont des tours sur des faubourgs,
Ce sont des toits et des pignons,
En vols pliés, sur les maisons;
C'est la ville tentaculaire,
Debout,
Au bout des plaines et des domaines.

Des clartés rouges
Qui bougent
Sur des poteaux et des grands mâts,
Même à midi, brûlent encor
Comme des oeufs monstrueux d'or,
Le soleil clair ne se voit pas:
Bouche qu'il est de lumière, fermée
Par le charbon et la fumée,

Un fleuve de naphte et de poix
Bat les môles de pierre et les pontons de bois;
Les sifflets crus des navires qui passent
Hurlent la peur dans le brouillard:
Un fanal vert est leur regard
Vers l'océan et les espaces.

Des quais sonnent aux entrechocs de leurs fourgons,
Des tombereaux grincent comme des gonds,
Des balances de fer font choir des cubes d'ombre
Et les glissent soudain en des sous-sols de feu;
Des ponts s'ouvrant par le milieu,
Entre les mâts touffus dressent un gibet sombre
Et des lettres de cuivre inscrivent l'univers,
Immensément, par à travers
Les toits, les corniches et les murailles,
Face à face, comme en bataille.

Par au-dessus, passent les cabs, filent les roues,
Roulent les trains, vole l'effort,
Jusqu'aux gares, dressant, telles des proues
Immobiles, de mille en mille, un fronton d'or.
Les rails raméfiés rampent sous terre
En des tunnels et des cratères
Pour reparaître en réseaux clairs d'éclairs
Dans le vacarme et la poussière.
C'est la ville tentaculaire.
La rue – et ses remous comme des câbles
Noués autour des monuments –
Fuit et revient en longs enlacements;
Et ses foules inextricables
Les mains folles, les pas fiévreux,
La haine aux yeux,
Happent des dents le temps qui les devance.

A l'aube, au soir, la nuit,
Dans le tumulte et la querelle, ou dans l'ennui,
Elles jettent vers le hasard l'âpre semence
De leur labeur que l'heure emporte.
Et les comptoirs mornes et noirs
Et les bureaux louches et faux
Et les banques battent des portes
Aux coups de vent de leur démence.

Dehors, une lumière ouatée,
Trouble et rouge, comme un haillon qui brûle,
De réverbère en réverbère se recule.
La vie, avec des flots d'alcool est fermentée.

Les bars ouvrent sur les trottoirs
Leurs tabernacles de miroirs
Où se mirent l'ivresse et la bataille;
Une aveugle s'appuie à la muraille
Et vend de la lumière, en des boîtes d'un sou;
La débauche et la faim s'accouplent en leur trou
Et le choc noir des détresses charnelles
Danse et bondit à mort dans les ruelles.
Et coup sur coup, le rut grandit encore
Et la rage devient tempête:
On s'écrase sans plus se voir, en quête
Du plaisir d'or et de phosphore;
Des femmes s'avancent, pâles idoles,
Avec, en leurs cheveux, les sexuels symboles.
L'atmosphère fuligineuse et rousse
Parfois loin du soleil recule et se retrousse
Et c'est alors comme un grand cri jeté
Du tumulte total vers la clarté:
Places, hôtels, maisons, marchés,
Ronflent et s'enflamment si fort de violence
Que les mourants cherchent en vain le moment de silence
Qu'il faut aux yeux pour se fermer.
Telle, le jour – pourtant, lorsque les soirs
Sculptent le firmament, de leurs marteaux d'ébène,
La ville au loin s'étale et domine la plaine
Comme un nocturne et colossal espoir;
Elle surgit: désir, splendeur, hantise;
Sa clarté se projette en lueurs jusqu'aux cieux,
Son gaz myriadaire en buissons d'or s'attise,
Ses rails sont des chemins audacieux
Vers le bonheur fallacieux
Que la fortune et la force accompagnent;
Ses murs se dessinent pareils à une armée
Et ce qui vient d'elle encore de brume et de fumée
Arrive en appels clairs vers les campagnes.

C'est la ville tentaculaire,
La pieuvre ardente et l'ossuaire
Et la carcasse solennelle.

Et les chemins d'ici s'en vont à l'infini
Vers elle.

 

Le pont Mirabeau Guillaume Appolinaire Version imprimable en pdf

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine.

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

 

Chanson de la seine Jacques Prévert Version imprimable en pdf

La Seine a de la chance
Elle n'a pas de souci
Elle se la coule douce
Le jour comme la nuit
Et elle sort de sa source
Tout doucement, sans bruit...
Sans sortir de son lit
Et sans se faire de mousse,
Elle s'en va vers la mer
En passant par Paris.
La Seine a de la chance
Elle n'a pas de souci
Et quand elle se promène
Tout au long de ses quais
Avec sa belle robe verte

Et ses lumières dorées
Notre-Dame jalouse,
Immobile et sévère
Du haut de toutes ses pierres
La regarde de travers
Mais la Seine s'en balance
Elle n'a pas de souci
Elle se la coule douce
Le jour comme la nuit
Et s'en va vers le Havre
Et s'en va vers la mer
En passant comme un rêve
Au milieu des mystères
Des misères de Paris

 

Tableau de Paris à cinq heures du matin
(1802)
Marc-Antoine Désaugiers
(1772-1827)
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L’ombre s’évapore
Et déjà l’aurore
De ses rayons dore
Les toits alentours
Les lampes pâlissent,
Les maisons blanchissent
Les marchés s’emplissent :
On a vu le jour.

De la Villette
Dans sa charrette,
Suzon brouette
Ses fleurs sur le quai,
Et de Vincenne,
Gros-Pierre amène
Ses fruits que traîne
Un âne efflanqué.

Déjà l'épicière,
Déjà la fruitière,
Déjà l'écaillère
Sautent au bas du lit.
L'ouvrier travaille,
L'écrivain rimaille,
Le fainéant baille,
Et le savant lit.

J'entends Javotte,
Portant sa hotte,
Crier : Carotte,
Panais et chou-fleur !
Perçant et grêle,
Son cri se mêle
A la voix frêle
Du noir ramoneur.

L'huissier carillonne,
Attend, jure, sonne,
Ressonne, et la bonne,
Qui l'entend trop bien,
Maudissant le traître,
Du lit de son maître
Prompte à disparaître,
Regagne le sien.

Gentille, accorte
Devant ma porte
Perrette apporte
Son lait encor chaud ;
Et la portière,
Sous la gouttière,
Pend la volière
De Dame Margot.

Le joueur avide,
La mine livide,
et la bourse vide,
Rentre en fulminant ;
Et sur son passage,
L'ivrogne, plus sage,
Rêvant son breuvage,
Ronfle en fredonnant.

Tout, chez Hortense,
Est en cadence ;
On chante, on danse,
Joue, et cætera...
Et sur la pierre
Un pauvre hère,
La nuit entière,
Souffrit et pleura.

Le malade sonne,
Afin qu'on lui donne
La drogue qu'ordonne
Son vieux médecin ;
Tandis que sa belle,
Que l'amour appelle,
Au plaisir fidèle,
Feint d'aller au bain.

Quand vers Cythère,
La solitaire,
Avec mystère,
Dirige ses pas,
La diligence
Part pour Mayence,
Bordeaux, Florence,
Ou les Pays-Bas.

« Adieu donc, mon père,
Adieu donc, mon frère,
Adieu donc, ma mère,
- Adieu, mes petits. »
Les chevaux hennissent,
Les fouets retentissent,
Les vitres frémissent :
Les voilà partis.

Dans chaque rue,
Plus parcourue,
La foule accrue
Grossit tout à coup :
Grands, valetaille,
Vieillards, marmaille,
Bourgeois, canaille,
Abondent partout.

Ah ! quelle cohue !
Ma tête est perdue,
Moulue et fendue,
Où donc me cacher !
Jamais mon oreille
N'eut frayeur pareille...
Tout Paris s'éveille...
Allons nous coucher.

 

L'école Jacques Charpentreau Version imprimable en pdf

Dans notre ville, il y a
Des tours, des maisons par milliers,
Du béton, des blocs, des quartiers,
Et puis mon cœur, mon cœur qui bat
Tout bas.

Dans mon quartier, il y a
Des boulevards, des avenues,
Des places, des ronds-points, des rues
Et puis mon cœur, mon cœur qui bat
Tout bas.

Dans notre rue, il y a
Des autos, des gens qui s'affolent,
Un grand magasin, une école,
Et puis mon cœur, mon cœur qui bat
Tout bas.

Dans cette école, il y a
Des oiseaux chantant tout le jour
Dans les marronniers de la cour.
Mon cœur, mon cœur, mon cœur qui bat
Est là.

 

L'arbre Jacques Charpentreau Version imprimable en pdf

Perdu au milieu de la ville
L'arbre tout seul, à quoi sert-il ?

Les parkings, c'est pour stationner,
Les camions pour embouteiller,
Les motos pour pétarader,
Les vélos pour se faufiler.

L'arbre tout seul, à quoi sert-il ?

Les télés, c'est pour regarder,
Les transistors pour écouter,
les murs pour la publicité,
les magasins pour acheter.

L'arbre tout seul, à quoi sert-il ?

Les maisons, c'est pour habiter
Les bétons pour embétonner
Les néons pour illuminer,
Les feux rouges pour traverser.

L'arbre tout seul, à quoi sert-il ?

Les ascenseurs, c'est pour grimper
Les présidents pour présider,

Les montres pour se dépêcher,
Les mercredi pour s'amuser.

L'arbre tout seul, à quoi sert-il ?

Il suffit de le demander
A l'oiseau qui chante à la cime.

 

Enfants de la haute ville Jacques Prévert Version imprimable en pdf

Enfants de la haute ville
filles des bas quartiers
le dimanche vous promène
dans la rue de la Paix
Le quartier est désert
les magasins fermés
Mais sous le ciel gris souris
la ville est un peu verte
derrière les grilles des Tuileries
Et vous dansez sans le savoir
vous dansez en marchant
sur les trottoirs cirés
Et vous lancez la mode
sans même vous en douter
Un manteau de fou rire
sur vos robes imprimées
Et vos robes imprimées
sur le velours potelé
de vos corps amoureux
tout nouveaux tout dorés

Folles enfants de la haute ville
ravissantes filles des bas quartiers
modèles impossibles à copier
cover-girls
colored girls
de la Goutte d'Or ou de Belleville
de Grenelle ou de Bagnolet.

 

Le ciel et la ville Claude Bobzynski Version imprimable en pdf

Le ciel peu à peu se venge
De la ville qui le mange.

Sournois, il attrape un toit,
Le croque comme une noix,

Dans la cheminée qui fume
Il souffle et lui donne un rhume.

Il écaille les fenêtres.
N'en laisse que les arêtes.

Il coiffe les hautes tours
D'un nuage en abat-jour.

Il chasse le long des rues
Les squelettes gris des grues.

La nuit, laineuse toison,
Il la tend sur les maisons.

Il joue à colin-maillard
Avec les lunes du brouillard.

La ville défend au ciel
De courir dans ses tunnels.

Mais le ciel tout bleu de rage
Sort le métro de sa cage.

Taches d'encre, taches d'huile
Sur le ciel crache la ville.

Mais le ciel pour les laver
Pleut sans fin sur les pavés.

 

Le ciel est par-dessus le toit Paul Verlaine Version imprimable en pdf

Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.
La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte.
Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.
Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

 

Il pleure dans mon cœur Paul Verlaine Version imprimable en pdf

Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville.
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! Nulle trahison ?
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine.

 

Tour Eiffel Alain Debroise Version imprimable en pdf

Tantôt, tu serais habitée
Par un million d'oiseaux.

Tantôt, tu serais habillée
De fleurs, de feuilles et de fruits.

Tantôt, tu quitterais Paris
Au beau milieu de la nuit
Pour partir seule à la mer.

Peut-être aussi penserais-tu
A inviter les pyramides
Au moins une fois l'an

Et vous ririez bien ensemble
D'ébahir les Parisiens
Qui ne croient jamais à rien.

 

Bruxelles Jacques Brel Version imprimable en pdf

C'était au temps où Bruxelles rêvait
C'était au temps du cinéma muet
C'était au temps où Bruxelles chantait
C'était au temps où Bruxelles bruxellait

Place de Broukère on voyait des vitrines
Avec des hommes des femmes en crinoline
Place de Broukère on voyait l'omnibus
Avec des femmes des messieurs en gibus
Et sur l'impériale
Le cœur dans les étoiles
Il y avait mon grand-père
Il y avait ma grand-mère
Il était militaire
Elle était fonctionnaire
Il pensait pas elle pensait rien
Et on voudrait que je sois malin

C'était au temps où Bruxelles chantait
C'était au temps du cinéma muet
C'était au temps où Bruxelles rêvait
C'était au temps où Bruxelles bruxellait

Sur les pavés de la place Sainte-Catherine
Dansaient les hommes les femmes en crinoline
Sur les pavés dansaient les omnibus
Avec des femmes des messieurs en gibus
Et sur l'impériale
Le cœur dans les étoiles
Il y avait mon grand-père
Il y avait ma grand-mère
Il avait su y faire
Elle l'avait laissé faire
Ils l'avaient donc fait tous les deux
Et on voudrait que je sois sérieux

C'était au temps où Bruxelles rêvait
C'était au temps du cinéma muet
C'était au temps où Bruxelles dansait
C'était au temps où Bruxelles bruxellait

Sous les lampions de la place Sainte-Justine
Chantaient les hommes les femmes en crinoline
Sous les lampions dansaient les omnibus
Avec des femmes des messieurs en gibus
Et sur l'impériale
Le cœur dans les étoiles
Il y avait mon grand-père
Il y avait ma grand-mère
Il attendait la guerre
Elle attendait mon père
Ils étaient gais comme le canal
Et on voudrait que j'aie le moral

C'était au temps où Bruxelles rêvait
C'était au temps du cinéma muet
C'était au temps où Bruxelles chantait
C'était au temps où Bruxelles bruxellait

 

Sur la ville de Paris Isaac de BENSERADE
(1613-1691)
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Rien n'égale Paris ; on le blâme, on le louë ;
L'un y suit son plaisir, l'autre son interest ;
Mal ou bien, tout s'y fait, vaste grand comme il est
On y vole, on y tuë, on y pend, on y rouë.

On s'y montre, on s'y cache, on y plaide, on y jouë ;
On y rit, on y pleure, on y meurt, on y naist :
Dans sa diversité tout amuse, tout plaist,
Jusques à son tumulte et jusques à sa bouë.

Mais il a ses défauts, comme il a ses appas,
Fatal au courtisan, le roy n'y venant pas ;
Avecque sûreté nul ne s'y peut conduire :

Trop loin de son salut pour être au rang des saints,
Par les occasions de pécher et de nuire,
Et pour vivre longtemps trop prés des médecins.

 

Grand Standigne Raymond Queneau Version imprimable en pdf

Un jour on démolira
ces beaux immeubles si modernes
on en cassera les carreaux
de plexiglas ou d'ultravitre
on démontera les fourneaux
construits à polytechnique
on sectionnera les antennes
collectives de télévision
on dévissera les ascenseurs
on anéantira les vide-ordures
on broiera les chauffoses
on pulvérisera les frigidons
quand ces immeubles vieilliront
du poids infini de la tristesse des choses

in Courir les rues, Gallimard La Pléiade

 

Mon beau Paris Raymond Queneau Version imprimable en pdf

Maisons lépreuses
maison cholérique
maisons empestées

bâtisses fienteuses

immeubles atteints de rougeole
de scarlatine
de vérole

pavillons chlorotiques
pavillons scrofuleux
pavillons rachitiques

hôtels particuliers
constipés

baraques

taudis

in Courir les rues, Gallimard La Pléiade

 

Les gratte-ciel Corinne Albaut Version imprimable en pdf

A New York City,

Sam se sent tout petit

Quand il regarde en l'air,

pour voir un peu de bleu,

il se cogne les yeux

contre le béton et le verre

des gratte-ciel, plantés serrés

comme des arbres dans la forêt.

 

Derrière les murs dans la rue Louis Aragon Version imprimable en pdf

Derrière les murs dans la rue
Que se passe-t-il quel vacarme
Quels travaux quels cris quelles larmes
Ou rien La vie Un linge écru

Sèche au jardin sur une corde
C'est le soir Cela sent le thym
Un bruit de charrette s'éteint
Une guitare au loin s'accorde

La la la la la - La la la
La la la - La la la la la

Il fait jour longtemps dans la nuit
Un zeste de lune un nuage
Que l'arbre salue au passage
Et le cœur n'entend plus que lui

Ne bouge pas C'est si fragile
Si précaire si hasardeux
Cet instant d'ombre pour nous deux
Dans le silence de la ville

La la la la - La la la la
La la - La la - La la - La la

 

Gare isolée Maurice Carême Version imprimable en pdf

On allume les lampes.
Un dernier pinson chante.
La gare est émouvante
En ce soir de septembre.

Elle reste seule
À l’écart des maisons,
Si seule à regarder
L’étoile du berger
Qui pleure à l’horizon
Entre deux vieux tilleuls.

Parfois un voyageur
S’arrête sur le quai,
Mais si las, si distrait,

Qu’il ne voit ni les lampes,
Ni le pinson qui chante,
Ni l’étoile qui pleure
En ce soir de septembre.

Et la banlieue le cueille,
Morne comme le vent
Qui disperse les feuilles
Sur la gare émouvante
Et plus seule qu’avant.

 

C'est place de la Concorde à Paris Jacques Charpentreau Version imprimable en pdf

C'est place de la Concorde à Paris
qu'un enfant assis au bord des fontaines
entre à pas de rêve au cœur de la nuit
fraîche comme l'eau claire des fontaines

Un enfant de nuit de rêve d'espoir
qui voudrait pouvoir lutter sans répit
contre son sommeil pour apercevoir
ses rêves de nuit venir à la vie

Un enfant de nuit de rêve d'espoir
qui voudrait pouvoir lutter sans répit
contre son sommeil pour apercevoir
ses rêves de nuit venir à la vie

Toutes les voitures avec leurs phares
toutes les voitures tracent pour lui
des lignes de feu flottant dans la nuit
comme de longs fils de vierge où Paris
retient son cœur ses rêves ses espoirs

 

Couplet de la rue de Bagnolet Robert Desnos Version imprimable en pdf

Le soleil de la rue de Bagnolet
N'est pas un soleil comme les autres.
Il se baigne dans le ruisseau,
Il se coiffe avec un seau,
Tout comme les autres,
Mais, quand il caresse mes épaules,
C'est bien lui et pas un autre,
Le soleil de la rue de Bagnolet
Qui conduit son cabriolet
Ailleurs qu'aux portes des palais.
Soleil ni beau ni laid,
Soleil tout drôle et tout content,
Soleil d'hiver et de printemps,
Soleil de la rue de Bagnolet,
Pas comme les autres.

 

La Seine a rencontré Paris Jacques Prévert Version imprimable en pdf

Qui est là
toujours là dans la ville
et qui pourtant sans cesse arrive
et qui pourtant sans cesse s'en va
C'est un fleuve répond un enfant
un devineur de devinettes.
Et puis l'œil brillant il ajoute
et le fleuve s'appelle la Seine
quand la ville s'appelle Paris
et la Seine c'est comme une personne
des fois elle court elle va très vite
elle presse le pas quand tombe le soir
des fois au printemps elle s'arrête et
vous regarde comme un miroir.
Et elle pleure si vous pleurez
ou sourit pour vous consoler
et toujours elle éclate de rire quand
arrive le soleil d'été...

 

Les maisons Charles-Ferdinand Ramuz Version imprimable en pdf

Les vieilles maisons sont toutes voûtées,
elles sont comme des grands-mères
qui se tiennent assises, les mains sur les genoux,
parce qu'elles ont trop travaillé dans leur vie
mais les neuves sont fraîches et jolies
comme des filles à fichus
qui, ayant dansé, vont se reposer
et qui se sont mis une rose au cou.

Le soleil couchant brille dans les vitres,
les fumées montent dévidées
et leurs écheveaux embrouillés
tissent aux branches des noyers
de grandes toiles d'araignées.

Et, pendant la nuit, sur les toits,
l'heure du clocher dont les ressorts crient –
et le poids descend –
s'en va vers les champs
et réveille subitement
toutes les maisons endormies.

 

Bibliographie Version imprimable en pdf

La ville en poésie - Bibliographie

Poèmes

« Paris » d’Alfred de Vigny in  Poèmes antiques et modernes, Poésie Gallimard, 1973.

« Nouveau venu qui cherches... » de Joachim du Bellay in Les antiquités de Rome (1558), Flammarion.

« Je suis un pâle enfant du vieux Paris... » de François Coppée in Intimités (1868).

« Plainte » de Charles Cros in Le coffret de Santal (1873), Poésie Gallimard, 1972.

« Grenier des saisons » de Maurice Fombeure in Paris m’a souri, Ed. Alpina, 1942, 1959.

«  Villes » et « Les ponts » d’Arthur Rimbaud, in Les Illuminations, Seghers, 2002.

« Les fenêtres » de Charles Baudelaire in Les Fleurs du mal, Poésie Gallimard, 2005.

« Rêve parisien » de Charles Baudelaire in Les Fleurs du mal, Poésie Gallimard, 2005.

Tableaux parisiens, (1861) « A une passante » de Charles Baudelaire in Les Fleurs du mal, Poésie Gallimard, 2005.

« A New York”  de Léopold Sedar Senghor in Ethiopiques , Oeuvre poétique, Seuil, Coll. Points, 1990.

« Rêverie » de Victor Hugo, in Les orientales, Poésie Gallimard, 1981.

« La Chanson du Mal-Aimé » de Guillaume Apollinaire in Alcools (1913), Poésie Gallimard.

« Tournesol » d’André Breton in Clair de terre (1923), Poésie Gallimard.

« Pâques à New York » de Blaise Cendrars, in Poésies complètes, Paris, Denoël, 1957.

« Portrait d’une ville », de Carlos Drummond de Andrade, in La machine du monde, Paris, Poésie/Gallimard, 1983, 2005.

« Valparaiso » de Jean-Paul de Dadelsen, in Jonas, suivi de Les Ponts de Budapest et autres poèmes, Poésie/Gallimard, 1962, 2005.

« Berlin » de Jean-Paul de Dadelsen, in Jonas, suivi de Les Ponts de Budapest et autres poèmes, Poésie/Gallimard, 1962, 2005

« Pétersbourg » de Jean-Paul de Dadelsen, in Jonas, suivi de Les Ponts de Budapest et autres poèmes, Poésie/Gallimard, 1962, 2005.

« Villes » de Jean-Paul de Dadelsen, in Jonas, suivi de Les Ponts de Budapest et autres poèmes, Poésie/Gallimard, 1962, 2005.

« Automne en ville », Maurice Carême, in Brabant, Editions Ouvrières, 1967.

"Paris 1943", Charles Vildrac, in Livre d'Amour, Seghers/ Le temps des cerises, 2005, p131.

"Accolade" d'Armelle Leclercq, in Décalage, Contre-allées, 2005.

Villes de Francis Dannemark, in 33 voix, Cadex, 2002.

Bouche au vent, la cité parle, de Pierre Colin, in La lave et l'obscur, Le Castor Astral, 2005.

Recueils ou anthologies

Après le paysage de Frank Laurent, Le Castor Astral, 2005 ( Partie : Ambiguïté des villes).

Ville interdite, poèmes de poète croate Hrvoye Pejakovic, éditions Est Ouest Internationales, 2001.

Lieu : La ville ( Jean Marie Le Sidaner), éditions Encres vives, ?

Les Ruines de Paris,  Jacques Réda, Poésie Gallimard, 1977, 1993.

Courir les rues, Battre la campagne et Fendre les flots, Raymond Queneau, Poésie Gallimard, 1967.

La forme d'une ville change plus vite, hélas, que le coeur des humains, Jacques Roubaud, Gallimard, 1999.

Complainte du réseau métropolitain, Claude Roy.

La Vie unanime, Jules Romains, Gallimard, 1908, 1992.

Le Paysan de Paris,  Louis Aragon, Gallimard, 1926.

Les Villes tentaculaires d’Emile Verhaeren, 1893, Poésie Gallimard, 1982.

Ce bel aujourd'hui de Jacques Lacarrière, Le grand livre du mois, 1989.

La forme d'une ville change plus vite, hélas, que le cœur des humains de Jacques Roubaud, Gallimard, 1999.

Le piéton de Paris de Léon-Paul Fargue, Gallimard, L’imaginaire, 1997.

Les poèmes de Moscou, 1930-1934, Osip Mandelstam, Circé.

Poésies de AO Barnabooth / Poésies diverses de Valery Larbaud, Poésie Gallimard, 1966.

Acqua Alta et Vertume et autres poèmes, de Joseph Brodsky, Gallimard, 1993.

Les poètes de la Beat Generation : William Burroughs, Claude Pelieu, Allen Ginsberg, Richard Brautigan, Jack Kerouac.

Pataquès d'Armelle Leclercq (Belleville – Le Caire).

La nuit jetée de Philippe Blanchon (Bruxelles, Paris, Barcelone).

Le bitume est exquis, Jacques Réda, Fata Morgana.

Citadin, Jacques Réda, Gallimard, 1998.

Les ruines de Paris, Jacques Réda, Gallimard, 1988.

111 rumeurs de villes, du vendredi 1er octobre 2004, anthologie, éditions Certu, 2005. 

Les poètes et la ville, anthologie, Le cherche midi éditeur, 2000.

Lecture d’une ville, Jean-Max Tixier, Collection Sud, 1976.

Poésie 1 Vagabondages, Dossier : La ville, la banlieue, Printemps des Poètes 1997, n° 9.

Villes, passages sombres du temps, Alain Freixe, La Porte, 2004.

Electrometropoligramme, collectif, Le Grand Incendie, 2005.

Berlin sans mur... (les auteurs turcs), Revue Est-Ouest Internationales, 2003.